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Militant du bien Commun.
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Bernard ou la belle vie

Actualités lundi 16 février 2015

Bernard Calabuig, notre copain nous a quitté ces jours-ci en prenant soin des siens et de ses amis.

Bernard était un roc.

Dans les années 80, 90 où la JC était un mouvement de jeunesse puissamment implanté dans des centaines de lycées et quartiers, Bernard en était le grand intendant. D’une solidité et d'une rigueur exceptionnelle, il semblait à beaucoup inébranlable. Et pourtant, il était le contraire d’un être borné et obtus. Dans cette période où nous vibrions pour Mandela ou contre la précarité, inventions des initiatives dont le fil rouge était le rassemblement, il avait une vivacité et une rapidité étonnante à capter et intégrer le nouveau dans son système de valeurs et de convictions. Bien des années plus tard, dans les années 2010, la fidélité à ses idées d'un communisme pour lui nécessairement synonyme d'ouverture et d'esprit de rassemblement, l'entraîna à quitter lentement son parti.
Souvent, il me sidérait. J'étais alors le secrétaire général de la JC, nous nous voyions 10 à 20 fois par jour. Il était pour moi profondément rassurant et m'autorisait, nous autorisait, les projets les plus décalés et parfois les plus farfelus : l'occupation du magasin Fauchon, la soupe populaire chez Maxim's, les occupations de l’ambassade d'Afrique du sud, l'interruption de l'inauguration de Disneyland....
Et puis, il me scotchait, lorsqu’on lui demandait d’écrire un article pour les cahiers du communisme. Là où il nous fallait 10 jours pour rendre une copie de 15 feuillets, lui, arrivait le lendemain matin avec l'article tout écrit. Et, directement dans la langue des dits cahiers !

Bernard était un tendre.

Il débordait de gentillesse. Il devait avoir la fraternité innée. Même dans des missions parfois inextricables, de ce qu'on appellerait aujourd'hui la gestion des ressources humaines, il n'essayait jamais de dominer l'autre. Une négociation avec lui ne se terminait pas par un vainqueur et un vaincu. C'était nos belles années de la JC, où malgré nos erreurs, nos cécités et aveuglements nous pensions que le communisme était le combat contre les injustices bien sûr, mais peut-être surtout, le bien commun et la fraternité humaine. Et la JC c'était sans doute d'abord et avant tout cela.

Bernard était un sourire.

Il n'était pas d'abord farceur et blagueur, mais il était très bon public et ajoutait sa malice. Malgré ses lourdes responsabilités et son attention à veiller au sérieux de l'organisation, il partageait pleinement nos franches rigolades et déconnades. Il avait comme un sourire qui vient de l'intérieur qui disait sa gentillesse et son espièglerie....
Quelques jours avant de nous quitter, il m’a dit combien il était fier d'avoir été notre ami et puis il a ajouté : « Tu sais, je n'ai pas peur. C'est vrai que c'est trop court et injuste, mais il vaut mieux mourir à 57 ans après une belle vie qu'à 77 ans après une vie de merde. Cette belle vie était celle de son engagement mais également celle de cette grande et belle famille qu’il a construite, tissée, rassemblée.
Bernard est parti après avoir veillé dans les moindres détails à l'organisation de son départ. Puis il s’est endormi entouré de Viviane, de ses enfants, de sa sœur et son frère, en écoutant la chanson de Jean Ferrat : C'est un joli nom camarade.

Commentaires

  1. 16 février 2015, 18:47 par laurence leger

    un bel hommage que je partage complétement
    ..merci

  2. 17 février 2015, 12:12 par Tonio

    Pour Bernard....Merci

  3. 17 février 2015, 13:21 par hamou bouakkaz

    Malgré nos cécités ? mais moi je suis resté constant ! né céciteux, je reste aveugle à tout ce qui rend triste et désespéré !
    Bernard fut une belle personne et je garde dans l'oreille cette voix bientimbrée alliant réserve et accent de son sud natal !

  4. 18 février 2015, 09:44 par josiane

    Merci Jacques, ton texte est beau et ressemble bien à ce qu''était notre Bernard

    Oui, nous en avons fait de belles choses ensemble à la JC unis comme les cinq doigts de main
    Bernard, je t'embrasse

  5. 18 février 2015, 16:56 par martine

    Même si j'ai perdu de vue, Bernard, pendant de nombreuses années, je me souviens d'un homme bon, intelligent, d'une grande finesse...
    Je l'ai revu 2 fois, il y a quelques mois et ai retrouvé cela dans son regard. On ne l'oubliera pas.
    Bel hommage.

  6. 22 février 2015, 15:08 par Hugues Latron

    Merci pour ce beau texte Jacques et merci à Bernard surtout ! Coincés à Barcelone avec l'ami Tonio il ne nous a pas été possible de venir le saluer avec vous tous et toutes et nous en étions profondément malheureux.
    J'ai le souvenir précis de ma dernière longue discussion avec Bernard, en 2012, autour d'un barbecue chez la Députée du PT Stella Farias, au Brésil, où nous nous trouvions ensemble pour un forum d'Autorités locales sur la démocratie participative. Après maints échanges politiques (bien sûr) et quelques verres de caïpi (le cocktail local), on s'est mis à déconner, à se rappeler les bons souvenirs et à reprendre un verre. Et puis Bernard s'est mis à raconter qu'il avait tenté de résister mais fini par céder pour prendre un chien à la maison et qu'un beau soir celui-ci s'était fait la belle et qu'il l'avait cherché des heures. Je me suis bien foutu de sa gueule. En fait, on se foutait gentiment et mutuellement de nous et de nos faiblesses dès que nos enfants nous mettent la pression pour obtenir ce qu'ils veulent ! Je garde en mémoire ses yeux rieurs et son beau sourire. Sa gentillesse et sa droiture. Bernard aimait les gens et la vie. Sa belle vie !

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