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Dulcie était notre amie

Actualités mercredi 3 avril 2013

Vendredi dernier, Arcueil célébrait entre discours et chansons le 25e anniversaire de l’assassinat de Dulcie September. A l’initiative de son maire Daniel Breuiller, un ministre d’Afrique du Sud, son ambassadrice en France, des personnalités et des collégiens se sont rassemblés dans le collège qui porte son nom…

Le jour de l’assassinat de Dulcie September, nous étions quelques milliers – beaucoup de jeunes – à nous rassembler le soir même rue des Petites Ecuries près du bureau de l’ANC, pour pleurer et crier notre révolte vis-à-vis de ce régime de l’apartheid capable d’envoyer ses tueurs exécuter froidement la représentante de la lutte clandestine des Noirs d’Afrique du sud jusque sur le territoire français.

J’ai souvenir que la banderole brandie par les militants de la JC, blanche avec des lettres noires, disait tout simplement : Dulcie était notre amie.

A l’époque, secrétaire général de la JC, je rencontrais fréquemment Dulcie avec Josiane Voyant, soit à notre siège national, soit chez elle à Arcueil. Elle nous donnait des nouvelles de la lutte, de la vie dans les prisons, des actions menées par les jeunes de Soweto, et en échange nous lui faisions part de la mobilisation grandissante de la jeunesse en France.

Progressivement de la solidarité était née une amitié. Mais Dulcie était une amie exigeante, rigoureuse à l’extrême. Elle avait une très haute idée de son rôle d’ambassadrice de l’ANC, mouvement clandestin et pourchassé par le régime de Pretoria. Elle était tatillonne, et avait toujours le souci que ce que nous disions dans nos tracts, nos journaux, nos débats, soit juste et précis. Pour elle, défendre la cause de l’ANC ne justifiait pas l’à peu près, et encore moins des arguments partiellement incorrects. Le nombre de prisonniers politiques, les conditions de détention, les crimes, mais aussi les restrictions imposées aux noirs dans les bus, ou bien encore le pourcentage exact d’enfants noirs admis à l’école au regard des 100 % d’enfants blancs scolarisés. Tout devait être totalement vrai et vérifié.

Les jeunes communistes étaient engagés dans une formidable bataille pour libérer Mandela, ainsi que Pierre-André Albertini, ce jeune coopérant français emprisonné en Afrique du sud. Alors qu’ en 1985, un sondage indiquait que seulement 2% des Français connaissaient le nom de Nelson Mandela, trois ans plus tard la presse qualifiait la jeunesse française de « génération Mandela ».

Des centaines de milliers de jeunes portaient un badge édité par la JC à l’effigie de Nelson Mandela. 600 000 lycéens avaient participé au vote-pétition pour que le gouvernement français boycotte à 100 % toute relation commerciale avec Pretoria. L’ambassade d’Afrique du sud à Paris avait été envahie à plusieurs reprises par des centaines de jeunes maquillés en noir, pour hisser le drapeau de l’ANC en lieu et place du drapeau officiel. Un journal sud-africain avait d’ailleurs barré sa une d’un « 400 voyous communistes attaquent notre ambassade ! ». Bien plus tard, j’appris que ce journal, introduit clandestinement au bagne de Robben Island, provoqua un soulèvement de joie parmi les prisonniers.

Des jeunes communistes étaient fréquemment arrêtés pour avoir peint au pochoir sur les routes et les murs le portrait du plus vieux prisonnier politique au monde. D’autres étaient traînés devant les tribunaux pour avoir bravé l’interdiction d’organiser un débat dans tel ou tel lycée. Le mouvement prenant de l’ampleur au fil des mois, nous prîmes la décision d’organiser une grande manifestation nationale le 1er juin à Paris.

Nous avions imaginé un parcours très original pour l’époque. Il s’agissait, depuis Bastille, de rejoindre Beaubourg et de tenir un rassemblement sur l’esplanade. Le discours que je devais y prononcer s’adressait directement à Nelson et était un serment de tenir bon avec lui jusqu’à sa libération.

Le directeur du centre Georges Pompidou avait autorisé pour la circonstance l’accrochage exceptionnel d’immenses fresques et peintures réalisées par des artistes solidaires comme Ernest Pignon Ernest, Kijno, Matta, Jouffroy. Les cortèges partis des villes de la région parisienne, des centaines de cars venus de province, ainsi que des trains spéciaux convergeaient Place de la Bastille dès 13 heures. Le rassemblement ne cessait d’enfler. Nous n’en croyions pas nos yeux. Dépassés par le succès, ébahis. Je me souviens encore de Paul Laurent, le numéro 2 du PCF, n’en revenant pas d’une telle foule rassemblée par la JC. Indress Naidoo, qui avait passé 13 ans dans le bagne de Robben Island avec Nelson Mandela, venait d’appeler au téléphone Winnie Mandela en lui disant : « c’est extraordinaire en France, on voit Nelson Mandela partout ». La place de la Bastille était envahie d’oriflammes aux trois couleurs de l’ANC, de banderoles, certaines demandant au gouvernement français de stopper les relations avec le régime de l’apartheid, d’autres arborant le mot liberté dans toutes les langues. Dans les hauts parleurs, des chansons comme celle de Gilles Langoureau : « Apartheid, tout le monde est là, Mandela ». Nous étions tout à notre joie, comme sur un nuage.

Et soudain, la catastrophe. Dulcie September venait d’arriver, se frayant un chemin jusqu’à nous en tête de cortège. Impossible de ne pas être frappé par son visage fermé et son regard noir. Dans un flot de paroles, sur le ton de la colère et du reproche, dans son anglais sud-africain, avec un débit incroyable, elle était suffoquée et protestait : les drapeaux que nous avions mis en tête par dizaines étaient noir-jaune-vert au lieu d’être noir-vert-jaune. Pour elle, c’était un véritable affront fait à son peuple. Pour nous, ces drapeaux, le plus souvent cousus ou confectionnés par des mamans de militants, exprimaient notre solidarité, même inversés. Il nous fallut bien un quart d’heure pour procéder partiellement à l’échange des drapeaux et pour atténuer sa peine. Je ne suis pas sûr que nous nous y soyons parvenu, malgré toute l’affection que nous lui avons prodiguée.

Dulcie était ainsi, entière, ce qui ne l’empêchait pas d’être douce. Elle nous a apporté énormément pour que, jusqu’au bout, nos actions soient à la fois sérieuses, rassembleuses et joyeuses. Jusqu’à la plus belle reconnaissance qu’il nous ait été donné de recevoir : le sourire de Mandela à sa sortie de prison.

. . . NB : Dulcie September, une vie pour la Liberté (éd. Non Lieu). Le livre de Jacqueline Derens sortira en mai en librairie, ou commande par chèque de 15,15 € à RENAPAS, 26 rue Emile Raspail, 94110 Arcueil.

Commentaires

  1. 03 avril 2013, 19:23 par josiane voyant

    Jacques, ton article sur notre amie Dulcie est beau, émouvant et surtout très vrai.
    Cette belle bataille que nous avons menés ensemble toi et moi, toutes les équipes de la J.C. et de U.E.C , et avec nous des centaines de milliers de jeunes, de femmes de citoyens est inscrite en moi pour toujours.La génération MANDELA était en marche jusqu'à sa libération... Comme tu le dis avec Dulcie nous parlions souvent.Ensemble nous avions 2 impératifs ethiques.Le premier montrer en quoi l'apartheid était un système de classe. Et, le deuxième notre soif de rassembler, rassembler et encore rassembler.Les jeunes et les moins jeunes, les artistes, chanteurs, peintres, poètes....J'ai eu immense honneur de rencontrer ou d'être en contact pour la J.Cavec tous les mouvements anti- apartheid en Europe et dans le monde d'être en contact avec

  2. 04 avril 2013, 10:32 par Calabuig Bernard

    Je me souviens de cette période exaltante, ou manifestations, concerts de solidarité, attaques répétés de l'Ambassade d'Afrique du Sud... La JC vit au rythme d el'Afrique du Sud et du formidable développement d ela solidarité antiapartheid. De nombreux militants découvrent les commissariats à l'occadion de ces actions. J'en fus notamment le soir de ce rassemblement ou plus d'une centaine de jeunes communistes sont arrêtés suite à la prise d'assaut de points stratégisques, l'Ambassade, la maison de l'ambassadeur, et le siège de la compagnie aérienne. le groupe dont j'avais la responsabilité a tenté de pénétrer dans la maison de l'Ambassadeur après avoir neutraliser le vigile en poste. L'intervention des CR ne s'est pas faites attendre , nous étions plus de 40 à nous faire embarquer et conduit dans un commissariat parisien. Les parents le plus souvent communistes sont venus chercher les jeunes mineurs fiers de leurs progénitures. Tout le monde fut relaché au cours de la soirée, sauf moi , menoté je fus conduiot dans un autre commissariat, photographié,questionné, je suis libéré au cours de la nuit.

  3. 04 avril 2013, 15:27 par Patrice Leclerc

    Je me souviens avec émotion de ce combat. Le nombre de fois où nous avons envahis l'ambassade d'Afrique du sud, l'office du tourisme sud africain que nous avons occupé rouge de colère après l'assassinat de Dulcie.

    A Beaubourg comme responsable de l'UNEF , jamais eu la chance d'etre sur "l'estrade" qui accueillait les manifestants. Je ressens encore le frisson qui m'avait traversé à l'arrivée d ela manifestation remplissant la place de Beaubourg. L'émotion était intense, le sentiment de participer à un mouvement collectif de libération humaine, de contribuer à l'expression d'une force.

    Lors de l'assaut de l'office du tourisme, j'ai eu plus de chance que Bernard, c'est un journaliste Joel Lumien, de l'huma qui s'est fait tabassé par les flics juste au moment ou je sortais. J'ai échappé au fourgon...

    Merci pour ton beau texte, cher Jacques

  4. 05 avril 2013, 14:47 par JEGOU Almain

    Que de souvenirs et quelle femme, quelle combattante. Dulcie était comme tu l’as décris : « exigeante, rigoureuse à l’extrême ». J’ajouterai intimidante, intégre et Ô combien chaleureuse à la fois. Durant toute cette période, j’ai eu l’occasion de travailler régulièrement avec elle. Tu, pardon la JC (car je ne saurais oublier Josiane, Stéphane, Gilles….) m’avais confié la responsabilité de rassembler les artistes français dans ce combat. Un appel, des centaines de lettres et des retours de noms prestigieux. Mikis Théodorakis, Costa Gavras, Bernadette et sa défunte fille Pauline Lafont, Renaud, Lavillers, Jean Ferrat, Valérie Kapriski, l’adorable Fanny Cotençon… Et j’en passe. Un rassemblement que je n’avais jamais connu. J’en parlais avec Dulcie et elle en était fière. Je me rappelle de ces discussions sur le boycott culturel, des artistes sud africains et internationaux qui allaient et tournaient en Afrique du Sud au temps honteux de l’aparthied…
    C’est aussi Dulcie qui m’a permis de rencontrer Artist Against Apartheid à Londres, c’est elle qui m’a ouvert les portes de nos frères de combat anglais. Et là aussi que de rencontres. Alors que je baragouine l’anglais, j’ai eu bonheur de rencontrer Jimmy Somerville et les Communards, Sade, Jerry Dammers (le responsable d’AAA et membre du groupe Spécial AKA et auteur du célèbre et génial hymne « Free Nelson Mandela ») et les incroyables « Pogues ». Je me souviens de cette soirée à Londres avec ces derniers dans un pub pour leur demander de venir au festival anti-aparthied qui a précédé notre grande manifestation. Plusieurs heures à essayer de se comprendre et à boire des pintes de bière. Ce fut leur premier concert en France. Ils sont d’ailleurs venus à Bobigny en compagnie d’Elvis Costello. Je ne sais pas si tu te rappelles mais nous avions tenu une conférence de presse avec Jerry Dammers au siège de la JC.
    On peut dire que c’est aussi grâce à Dulcie que notre manifestation parisienne de 1986 a eu un tel écho au plan européen. D’ailleurs en 1988, Jerry m’a fait le plaisir de nous envoyer des invitations pour le concert de Wembley à l’occasion des 70 ans de Nelson Mandela… Mais j’arrête là les souvenirs car il y en a tellement à propos de Dulcie et de cette période qui sont dans mon cœur. Deux ou trois jours avant son assassinat, j’avais rencontré Dulcie avec sa collaboratrice Joy, une ancienne militante américaine des black Panther, dans son petit bureau rue des Petites-Ecuries. Ce fut la dernière fois… Tristesse, mais en même temps je me dis que j’ai quand même eu le privilège de côtoyer une personne exceptionnelle.

  5. 05 avril 2013, 16:36 par jean-jacques joucla

    La manifestation de Beaubourg, je crois, pour une génération de jeunes communistes, a été un acte fondateur d'un sens donné à l'engagement politique. Nous sentions confusément que les repères existants étaient en train de s'effondrer.
    Ce combat a été pour celles et ceux qui ont participé, un apprentissage de la lutte alliant le courage et la détermination à la volonté de rassemblement.
    Pour moi, l'Esplanade de Beaubourg, c'est d'abord le serment fait à Mandela. L'émotion suscitée, les larmes qui coulaient sur de nombreuses joues.
    Nous étions jeunes et l'émotion collective était forte.
    Devant Indres Naidoo, Dulcie September et devant des lycéens sud africains, nous ne pouvions pas concevoir de déroger au courage dont ils faisaient preuves. Pendant des mois, nous avons travaillé à créer et développer ce mouvement anti Apartheid. Jacques PERREUX et toute la Direction Nationale étions tendus vers cet objectif, conscient de notre force et de nos faiblesses avec comme souci constant d'élargir, tout en gardant cette insolence et insoumission qui nous caractérisaient.
    Je me souviens de cette terrible journée où nous venions d'apprendre l'assassinat de Dulcie September
    De cette réunion, au siège de la Direction Nationale à Bagnolet, où nous avons décidé de laisser exploser notre colère. Les visages étaient graves et la détermination se lisait dans les regards.
    Nous sommes partis en 3 groupes constitués par département. Pour ce qui me concerne, j'étais sur la Compagnie aérienne Sud Africaine, Rue de la Paix.
    En quelques secondes nous étions dans les locaux, la vitrine n'a pas résisté, en quelques minutes la physionomie des lieux avait changé. Nous sommes repartis, avec Bernard Birsinger et l'ensemble des responsables de la Seine-Saint-Denis en direction de métro où nous avons raccompagné les militants. Puis avec Bernard nous sommes allés Boulevard de l'Opéra où nous avons assisté impuissants à l'intervention musclée de la Police sur nos camarades qui avaient envahi l'office de Tourisme Sud Africain.
    On sentait venir l'intervention et Bernard me demanda à cet instant d'appeler, Jacques Perreux, pour l'informer de la tension qui régnait sur ce boulevard. A ce moment de la cabine téléphonique, j'ai pu voir mes amis se faire arrêter sans ménagement, la police s'acharnait sur les militants, du Val de Marne, puis dans une charge avec les unités motorisées de la Préfecture de Police, les tristement célèbre "voltigeurs", s'en prendre aux badauds. Je dois dire qu'après avoir raccroché le téléphone et en traversant, comme si j'étais un passant tout les barrages, les mètres me semblaient des kilomètres et je n'ai pas souvenir d'avoir eu une telle peur. J'ai été accueilli comme un survivant aux abords du métro.
    Ce fut une chance et un honneur que de pouvoir mener ce combat jusqu'à la Victoire avec un tel engagement militant.

  6. 05 avril 2013, 18:18 par Alain BERTRAND

    Je me souviens. J'était à mon bureau à la Mairie, quand Charro est venue m'annoncer que Europe n°1 avait affirmé que c'était un membre du Parti Communiste qui avait tué Dulcie SEPTEMBER. J'ai immediatement appelé Europe n°1, indigné, le standard m'a passé un journaliste , très poli, qui m'a indiqué que de nouvelles informations seraient donnés à l'antenne.Ils ont répeté la meme fausse information. Cela m'a donné à penser que les services secrets français étaient partie prenante car ils créent toujours dans ce cas un brouillard médiatique, comme cela avait été le cas pour l'assassinat d'Henri CURIEL ou ils avaient manipulé Georges SUFFERT.

  7. 06 avril 2013, 00:27 par Gérard Memmi

    Un bel article émouvant Jacques... Tu évoques ces fresques tendues sur les façades de Beaubourg, c'était un petit groupe de "fêlés" de la JC : Régis, Yves, Bernard et moi qui les avait déployées sur un signe de Robert a la tribune... Plus tard nous nous sommes attaqués au Pont du Port à l'anglais à Vitry... Enfin, plusieurs années plus tard, ensemble au sommet de la terre a Joburg, nous étions a 2 doigts de rejoindre Indres Naido sur Roben Island... Comme tu l'écris, ce fut une chance et un honneur d'avoir mené ce combat...

  8. 07 avril 2013, 20:21 par Robert Abad

    A te lire mon cher Jacques, à vous lire tous, me reviennent les souvenirs de cette période. Mais disons-le franchement notre combat pour "libérer Mandela" fut suffisament riche, intense, extraordinaire que nombres de ces souvenirs sont enfouies. Il me faut faire effort pour qu'au fur et à mesure des images se fassent jour à nouveau. C'est un lundi matin, le lendemain du deuxième tour des élections législatives de 1986, qu'en secrétariat national, nous avion s décidé de mettre tout le Mouvement dans ce combat. Il y eu un débat dans les jours qui suivirent : fallait-il délaisser les questions nationales pour une telle cause ? Mandela était inconnue, pouvions-nous mobiliser largement la jeunesse ? Et commnent le faire ? Ne laissons pas à penser, que ce fut tous les jours facile.
    Il en a fallut des tracts, des affiches,des prises de paroles, des réunions, des discussions au corps à corps, des initiatives diverses. Il en a fallut de la détermination et au fond, du courage. Et chaque fois que c'était dur, c'est en pensant que Mandela lui connaissait d'autres souffrances plus terribles dans son cachot et ce depuis tant d'années. C'est ainsi que s'est créée une "génération Mandela" en France. Et c'est l'honneur de la JC d'en avoir était l'initiatrice et le moteur. Nous avions décidé d'harceler les tenants de l'aparteid. Ambassade, consulat en provience,office du tourisme, domicile de l'ambassadeur ..... tout y est passé. On les a rendu chèvre. Je me souviens de la première initiaitve de la sorte : c'étati une réception en faveur du régime de l'Afrique du Sud, je crois chez l'ambassadeur. Nopus nous étions fait de fausse invitation et nous avions mobilisé la JC et l'UEC. Pour entrer et passer inaperçue la consigne était de venir en costume cravate pour les gars et robe "classe" pour les filles. L'ambassadeur, sa femme étaient tout content qu'il y ait tant de jeunes à leur réception. C'était à leur yeux exceptionnel. Et puis... crésendo une parole devenant un cri : " nous sommes tous des noirs d'Afrique du Sud !" et vlan on a tiré les nappes, foutu en l'air la vaisselle, bousculé les vielles rombières...cela nous a donné le goût de recommencer. Et nous avons recommencé. L'écho de ces initiatives était considérable. La JC a ainsi gagné ses galons dans la jeunesse. C'est un lundi matin aussi, en pleine réunion du secrétariat, que nous avons appris l'assassinat de
    Dulcie. L'émotion et la colère furent terribles.Dulcie était pour nous une grande dame mais tellement proche à notre égard. Le fait qu'on l'assassine chez nous en France, nous le vécume comme une réponse de l'aparteid à nos actions. Cela renforça notre détermination. notre décsion de "tenir" jusqu'à la libération de Nelson. Et le jour arriva. Nous étions dans une phase de congrès. Il fallu arréter les congrès fédéraux pour regarder en direct à la télé l'évènement
    planétaire : Winnie et Nelson Mandela main dans la main.
    Amitiés à tous.

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