vignette jaques perreux

Militant du bien Commun.
Conseiller municipal (eelv) deVitry sur Seine.
Membre du groupe des élus de "la fabrique Vitry en mieux

Rendez-vous sans rendez-vous

  1. En mairie

    le 1er jeudi du mois à partir de 17h téléphoner au 01 46 82 84 56.

  2. Dans les quartiers

    • Centre quartier Fabien
    2e jeudi du mois à partir de 18h

    • Galerie commerciale
    Simply (ex-Atac)
    3e jeudi du mois à partir de 18h

Carte blanche

  • les idéaux républicains sont devenus des armes de discrimination et de mépris

    par Jacques Rancière, Philosophe

    lire la suite

Vu ici et là

Sur le net

vignette Tous en Seine - le rapport
Télécharger le rapport

Tous en Seine - le rapport
(PDF, 1Mo)

Circuits longs et idées courtes

Actualités vendredi 1 mars 2013

Voici quelques années en 2006, 3 militants associatifs dont 2 universitaires me soumettaient leur projet, en tant que conseiller général d’un canton où existe un espace vert départemental de 100 hectares.

Des paysans dans un parc

Le projet dénommé « Planète Lilas » consistait à mettre en place du maraichage avec installation d’un paysan sur 2 hectares (AMAP, insertion sociale, projet éducatif avec les écoles et les riverains). Enthousiasmé par ce projet et sa portée, je contribuai avec mes responsabilités d’alors de vice-président du conseil général, à le rendre possible dans des délais record.

Ce projet a aujourd’hui plus de cinq ans d’existence : 230 adhérents et sympathisants, 115 paniers hebdomadaires de légumes, 160 personnes abonnées au détail (système avec un compte d’avance pour achat), 3 agriculteurs dont deux à temps plein en CDI (avec l’aide des emplois tremplins) et une agricultrice embauchée à mi-temps en CDI, et 1 volontaire longue durée à certains moments.

Mais bien sûr, les chiffres ne disent pas l’énormité de dévouements, d’intelligences, d’imaginations, que ce projet stimule et fait émerger. En retour, Planète Lilas se transforme, agrège, crée du lien social et du réseau. Inimaginable il y a cinq ans. Et impossible d’évaluer ce que tout ce temps social, bénévole, apporte à la ville et ses quartiers en bien-être de vivre ensemble. Ces quelques lignes ne peuvent dire non plus la force que donne la coopération pour surmonter les obstacles.

Au milieu de bien des sarcasmes et parfois de sourires en coin de certains de mes collègues élus, ce projet montre qu’une autre agriculture est possible, y compris en milieu très urbanisé. Les circuits courts peuvent se développer en région parisienne. Des dizaines et des dizaines de projets, comme celui de Planète Lilas, pourraient éclore. Pour cela, il faut nécessairement une forte volonté politique clairement affichée allant à la rencontre de la demande citoyenne et associative.

Des produits d'ici, cuisinés ici

Lundi 25 février, avec le Président Huchon, nous inaugurions l’espace Île-de-France au salon de l’agriculture, un espace très différent de celui des autres régions. Qui, plutôt que de donner la vedette aux gros de l’agro-alimentaire, a préféré promouvoir les petites entreprises locales avec le label Saveurs Paris Île-de-France : Brasserie Artisanale de la Brie et du Vexin, miels, macarons, menthe poivrée, bries de Meaux et de Melun, moutarde, huiles de colza et de tournesol, cidres et bien sûr, oui bien sûr, fruits et légumes et viandes… On peut, comme y travaille le CERVIA*, manger local en Ile-de-France. Des filières de transformation, comme le pain bio, d’élevage et de maraichage, doivent être stabilisées et encouragées. Dans le même temps la Région vient de labelliser 50 restaurateurs qui s’engagent à privilégier les produits frais et les circuits courts sous le nom "Des produits d'ici, cuisinés ici".

Une autre lasagne est possible

Il y a quelques jours, dans Libération, le chef étoilé Arnaud Daguin, du pays basque, pique une colère, contre ce que l’on appelle l’affaire des lasagnes au cheval. Il démontre comment de fil en aiguille, une volonté coopérative de quelques paysans au départ finit souvent par passer sous les fourches caudines des grands groupes de l’agro-alimentaire.
Mais il nous dit aussi qu’ « une autre lasagne est possible ». « Vive les lasagnes aux légumes variés et mort aux lasagnes à la viande avariée ».
Et il dégage une piste pour sortir « des poignes de la finance » : les cantines scolaires, « la cantoche ! Voilà un secteur où nos enfants, à la force de « précautions alimentaires » ingèrent des trucs sécurisés jusqu’à l’absurde mais insipides, pour ne pas dire dégueulasses, et que l’on jette à 60% sans valorisation des déchets. A coup de cahiers des charges « burnés » [comprenez courageux] pour la restauration collective publique, on pourrait désintoxiquer les générations qui arrivent de toute cette protéine animale. On sait qu’elle ne nous fait aucun bien aux proportions où elle est servie et de plus, on constate aujourd’hui que l’on ne sait même pas la contrôler. Cela permettrait, entre autres, de revaloriser le végétal qui présente une foule d’avantages dont certains insoupçonnés. »

Imagine la cantine en Val-de-Marne

Jeudi 28 février, avait lieu le lancement de la concertation sur la restauration scolaire dans les collèges du Val de Marne. C’est donc une demande de notre groupe Gauche Citoyenne – EELV qui se met en place. Les collégiens ont dit leur envie de bien manger au collège, ce qui est rarement le cas selon eux. Ils veulent des produits frais, qui aient du goût, du bio, des produits de proximité, de la diversité et du choix. Des professionnels ont montré que l’on pouvait satisfaire cette demande.
Dans ce domaine comme dans d’autres, nous avons le devoir de sortir de ces sentiers battus où le pouvoir économique décide de tout et où les politiques accompagnent tant bien que mal, et plutôt bien que mal, les lobbies.

Au rendez-vous de l’agriculture chimique, du productivisme alimentaire et des circuits longs, il y a la mal bouffe, l’obésité, la maladie. Il faut mettre fin à ces idées courtes. D’autres pistes en Île-de-France sont possibles, avec les agriculteurs, les coopératives, le Marché d’Intérêt National de Rungis, avec des groupements de commande et des clauses environnementales dans les marchés publics. Gageons que cette « concertation » ne se contentera pas d’écouter et d’entendre, mais permettra de construire ensemble des solutions inventives comme beaucoup y étaient prêts ce jeudi soir.

  • CERVIA : Centre Régional de Valorisation et d’Innovation Agricole et Alimentaire de Paris-Ile-de-France

commentez cet article






*Champs obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.
Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaîtront pas tant que le modérateur ne les aura pas approuvés.