
Conseiller général, président de la commission environnement. Membre du groupe Gauche Citoyenne.
Conseiller régional, vice-président du groupe Europe Ecologie-les Verts, vice-président de la commission environnement.
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par Aminata Niakate, Avocate, candidate EELV





Actualité jeudi 2 février 2012
La tendance est lourde : l’Islam et les musulmans sont devenus la cible favorite des xénophobes et des intolérants en tout genre. Des forces politiques dont la tradition est celle de l’antiracisme vont-elles se laisser entraîner sur cette pente glissante ?
Ainsi, en décembre dernier, ce sont des sénateurs de gauche qui ont fait adopter une proposition de loi visant à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées de la petite enfance.
Cette loi stigmatise une nouvelle fois les femmes musulmanes qui portent le voile – dans la plupart des cas, il s’agit d’un simple foulard, et non de la burqa ou du niqab. Ses défenseurs arguent du principe de la laïcité. Mais la laïcité, ce n’est pas le combat contre une religion ou une catégorie de croyants ; c’est au contraire le principe de neutralité et de respect de la liberté de conscience.
Cette loi est d’autant plus absurde que pour de nombreuses assistantes maternelles qui exercent leur métier à domicile, dans des conditions souvent difficiles, ce travail, éminemment humain, est une véritable participation à la vie de la Cité, à l’éducation, à la qualité des rapports sociaux, à la compréhension des différences. Je vois cela tous les jours dans ma ville de Vitry. Interdire à ces femmes cette profession, c’est délibérément les exclure de l’espace public, de la République.
J’ai le souvenir de la mobilisation contre la suppression du poste RASED à Vitry. La quasi-totalité des personnes mobilisées étaient des femmes, et presque toutes portaient le foulard. Ce choix ne les empêche ni de participer à des mobilisations collectives, ni de conserver leur liberté de jugement. Quand comprendra-t-on qu’il n’y a pas de modèle unique d’émancipation humaine ? Y compris féministe !
C’est pourquoi je suis pleinement solidaire du groupe écologiste au Sénat qui, avec Esther Benbassa, s’est prononcé contre ce projet discriminatoire.
Merc pour cette excellente prise de position, que je relaie : http://le-nouveau-poireau-rouge.blogspot.com/2012/01/assistantes-maternelles-une-neutralite.html
Chapeau pour votre brève concernant la laïcité.
Vraiment excellent. On retrouve ici la vraie laïcité, celle de Jaurès et de Victor Hugo, pas celle du petit père Combes..
La laïcité, c’est quatre principes.
1) La séparation de l’État et de la religion. En France la loi de séparation d’avec l’Église catholique du 9 décembre 1905 dit que, collectivité publique et religion(s), chacun vit à sa place sans interférer dans les affaires de l’autre.
2) La neutralité de la puissance publique envers toute religion, école de pensée ou conviction particulière. Jules Ferry dit que l’obligation de l’instruction contraint l’État à offrir à tous les parents d’élèves une école publique qui ne brime pas la liberté de conscience d’un seul citoyen d’où l’affirmation de la laïcité de l’école publique dès sa création. Mais la neutralité de l’arbitre n’est pas la neutralisation de l’espace public qui serait une répression de l’expression. Le débat d’aujourd’hui à propos des musulmans et musulmanes — qu’on a déjà connu selon les époques à propos des manifestations athées, des processions catholiques, des conventions évangéliques ou des assemblées protestantes — relève de l’intolérance et non de la laïcité.
3) La liberté de conscience ne concerne pas seulement le for intérieur ou la sphère privée mais est aussi une forme essentielle de la liberté d’expression. C'est Aristide Briand, pas un extrémiste, qui obtient que la loi de 1905 affirme : «La République assure la liberté de conscience ». Chacun peut pratiquer la religion ou bien avoir la pensée philosophique de son choix et en faire usage à sa convenance sans être inquiété, la limite de la liberté est fixée ici par la liberté de l’autre.
4) L’égalité des droits vaut quelle que soit l’appartenance ou la non appartenance religieuse et/ou de conviction. Jean Jaurès, notamment, insiste aussi sur ce point dans de nombreux écrits.
Excellente prise de position. Il faut savoir raison garder.
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