vignette jaques perreux

Militant du bien Commun.
Conseiller municipal (eelv) deVitry sur Seine.
Membre du groupe des élus de "la fabrique Vitry en mieux

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  • les idéaux républicains sont devenus des armes de discrimination et de mépris

    par Jacques Rancière, Philosophe

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Le Grand Orly Seine Biévre entre deux eaux

Actualités dimanche 2 juillet 2017

Mardi dernier avait lieu le conseil de territoire qui débattait de la possibilité de ne pas adhérer au SEDIF. Le public était bien présent comme pour dire "ce qui concerne notre eau ne peut se décider sans nous". Confrontation d'options, convictions,détermination, parfois tergiversations ou intimidations... En tous les cas le débat s'ouvre. Voici mon intervention.

Cher-e-s collègues,

Notre groupe écologiste et citoyen aborde le sujet de la gestion de l'eau avec une approche philosophique, politique et idéologique. La philosophie, la politique, l’idéologie des biens communs.

l'eau est une affaire de solidarité

L’eau est un don de la nature. Elle est la source de toute la chaine du vivant. Naturellement sur le plan biologique, sur le plan de la biodiversité́ mais elle est aussi source de nos relations sociales, de l'apprentissage des solidarités pour partager la gestion et la protection de ce bien qui nous est commun.

Indispensable à la vie, l’accès à l'eau doit être considéré comme un droit de l’homme fondamental et nous fait obligation d‘être solidaires de ceux qui en sont privés pour des raisons sociales, géographiques ou climatiques.

Toutes nos eaux communiquent par le biais de nos rivières, océans, nappes souterraines, pluies et évaporations… La solidarité c'est prendre soin de l’eau ici pour prendre soin de ceux de là bas qui baignent en définitive dans la même eau.

Et enfin, c'est toujours la même eau que depuis la nuit des temps nous buvons et rejetons. L’eau nous demande de la protéger si nous voulons être solidaires des générations futures.

Et puis, nous savons mieux aujourd'hui à quel point ce bien précieux interfère avec les deux plus grands enjeux planétaires : le dérèglement climatique et la malnutrition.

Chers collègues, la civilisation humaine a t-elle inventé quelque chose d’autre, quelque chose de mieux que le service public pour gérer ce bien commun avec le seul critère de l'intérêt général de celles et ceux qui vivent aujourd'hui et vivront demain?

Alors qu’est-ce qui fait problème ?

Depuis 100 ans, l’eau du syndicat intercommunal est confiée à Veolia. 100 ans sans discontinuer !

Tapez sur votre tablette 2 mots : Véolia et scandales

Serait-ce faire de l’anti-capitalisme primaire que de poser la question : Est ce que les actionnaires de Veolia (idem pour ceux de Suez ou de la Saur) sont motivés et mus par l'intérêt général pour favoriser l'accès social, protéger la biodiversité et le climat ou par leurs dividendes ? Croyez-vous que Monsanto protège les abeilles ou ses dividendes obtenus par la vente de pesticides ?

Prenez votre tablette numérique et tapez les 2 mots : Véolia et scandales. Et les pages vont défiler.

Pas la peine de remonter à la Saint glin glin. Ne prenez que la dernière année et vous lisez :

  • Veolia poursuivi par la justice américaine dans le scandale de l’empoisonnement de l’eau de flint dans le Michigan.

  • Le parquet national financier français enquête sur le géant Veolia et l’énorme scandale de corruption de sa filiale roumaine.

  • Suspicion de fraude chez Veolia France où les numéro 2 et 3 ont créé une société au Luxembourg pour faire de la facturation en France 13 millions de CA 6 millions de bénéfice.

  • Et puis des milliers de coupures d’eau aux plus démunis avec condamnations par les tribunaux pour refus d’appliquer la loi Brote.

Ce sont là des faits récents n’y a t-il pas au moins lieu de s’interroger lorsqu’on a confié la production et la distribution de l’eau de sa ville ou de son syndicat de villes à ce groupe ?

Vous le savez, en 2010, lors de la fin du précèdent contrat Sedif Veolia des élus se sont interrogés et ont proposé de ne pas renouveler ce contrat pour que le Sedif soit en régie directe.

bulletins secrets pour un contrat en milliards

Craignant qu’une majorité d’élus se prononce pour la régie, le président André Santini organisa le vote à bulletin secret et les voix d’une quinzaine d’élus qui avaient pourtant juré la main sur le coeur leur préférence pour le service public manquèrent lors du décompte des voix.

Un contrat de plusieurs milliards d’euros de CA et de combien de centaines de millions d’euros de dividendes? Tout cela décidé en cachette, loin des yeux des citoyens et hors de tout contrôle.

N’est-ce pas des faits comme celui-là qui engendrent à juste titre la méfiance vis-a-vis des élus et des lobby de toute sorte.

C’est avec ce système qu’il faut en finir en n’adhérant pas au SEDIF et en se libérant de ce carcan. Vous le savez bien, notre groupe écologiste et citoyen est à fond pour l'intercommunalité, les mutualisations, les projets partagés permettant de se hisser à des niveaux plus hauts qu' en restant isolé. Des intercommunalitės où les citoyens sont en permanence en situation de choisir.

une chance historique se présente.

Jusqu’à présent, même si le conseil municipal d’une ville et sa population, interrogée par referendum, décidaient majoritairement de quitter le Sedif, ils ne le pourraient pas, sauf si les 2/3 des villes adhérentes au Sedif l’acceptaient ! Autant dire que la porte de sortie du SEDIF est cadenassée.

Chers collègues, vous le savez, et l’étude nous le confirme la loi NOtre nous offre une chance historique.

Elle nous permet de retrouver pleinement notre souveraineté communale qui nous tient tant à coeur dans notre coopérative de villes et de décider d'adhérer ou non au Sedif.

Que se passera t-il si toutes les villes ou une partie d’entre elles n adhèrent pas au sedif?

L’EPT assurera la continuité de gestion du contrat avec Veolia jusqu’en 2022 et l’ensemble des villes ou une partie des villes auront alors ensemble 5 années pour réfléchir sereinement sans pression. 5 années pour inventer, travailler et mettre en place une structure publique. Il est évidemment intéressant que d’ores et déjà 3 maires dont les villes ont un contrat avec Suez se disent partisans de la mise en place d’une telle structure.

nous suggèrons d'explorer une nouvelle piste.

Plusieurs villes ont déjà exploré les possibilités de coopérer avec le service public voisin Eau de Paris mais au-delà de ces villes, notre territoire du fait de sa géographie, de son fleuve et de ses rivières est généreusement baigné par l’eau. Il accueille des aqueducs, des usines d’eau, différents producteurs. On peut donc envisager une régie qui travaille avec l’ensemble de ces opérateurs. Je suggère au nom de mon groupe que l’étude en cours explore l’hypothèse où toutes les villes du territoire, sauf évidemment celles qui s’y opposeraient, se regroupent dans une régie territoriale. Il s’agit d’explorer. Non pas de décider mais d’explorer pour pouvoir décider. D’explorer quelles en seraient les conditions, avantages et inconvénients. D’explorer la possibilité de travailler avec tous les opérateurs existants sur le territoire (Eau de paris, le sedif, la lyonnaise, la régie de Viry). L étude devrait aussi, selon nous, réfléchir les alternatives en terme de bassins cohérents au plan hydrolique. Voici nos 2 propositions pour contribuer à la poursuite du travail sans écarter aucune piste.

rejeter la peur et réfléchir sereinement!

Il n’ y a pas lieu d’avoir peur ou de faire peur de cette perspective. De très nombreuses villes ou métropoles dans le monde ou en France créent des régies comme à Nice, au Havre à Troyes à Brest à Montpellier après Paris en 2007. Quelle mouche les pique?

Aucune, seulement la réflexion inspirée par des décénnies de délégation où à force de déléguer, comme le dit Christian Estrosi : la puissance publique finit par ne plus a voir les moyens, y compris humains, en savoir-faire, en connaissance des réseaux, en qualifications, pour être à même de commander, de maitriser, de contrôler le délégataire et avoir une gestion rationnelle favorable aux usagers.

L’un d’entre nous a t-il entendu parler d’une régie qui serait en rupture de fourniture d’eau, en incapacité de fournir une eau de haute qualité ?

les avantages de la régie publique.

Toutes les études montrent qu’en moyenne, le prix de l’eau est plus bas en régie qu’en DSP. Heureusement !

A Vitry, j’ai calculé qu’une famille, sur une période de 60 ans, verse en moyenne 3000 euros de dividendes aux actionnaires de Veolia. De quoi acheter beaucoup de ce qui manque en alimentation de qualité ou de quoi payer des vacances, quand le plus souvent on ne peut partir faute d’argent. Les régies sont performantes en investissement pour le renouvellement des réseaux ainsi qu’en rendement des réseaux, c’ est-à-dire avec les taux les plus faibles de fuites.

Elles sont aussi souvent innovantes pour la prise en compte dans une gestion intégrée des enjeux écologiques, de l’alimentation de l’agriculture biologique, de la nature en ville, du climat ou des énergies renouvelables. LONU a décerné, voici quelques heures son prix des services publics à notre voisine Eau de Paris.

il suffit peut être d'une régie citoyenne pour créer un territoire .

Enfin, chers collègues, j’aurais pu commencer par cela, j’aurais dû : Alors que le monde va mal, que bien des sociétés se déglinguent, que parfois le chacun pour soi l’emporte, avec son lot de méfiances, de rejets des autres, parfois de haines, n’y a t-il pas lieu de se ré-approprier la gestion de nos biens communs ? N’y a t-il pas lieu d’impulser la citoyenneté pour l’eau et grâce à elle ? N’est-ce pas une urgence sociale écologique et culturelle ? N’ y a t-il pas lieu que le service public de l’eau citoyen nous aide a redonner du sens aux relations humaines, développe une nouvelle culture de l’eau pour nos enfants, par l’éducation et la participation ? J’en profite pour saluer la présence et la participation des militants associatifs . Nous leurs devons beaucoup. Ils sont indispensables. J’ai en mémoire le rôle décisif que jouèrent ces militants longtemps isolés qui prônaient la renaissance de la Bièvre aujourd’hui réouverte sur notre territoire.

Nous croyons que notre territoire marqué, bordé, relié, tricoté par l’eau pourrait se forger une identité grâce à un tel service public.

Le philosophe Gaston Bachelard dit dans son ouvrage « Eau et rêves » : « Il suffit d’une goutte d’eau pour créer un monde ».

J’ose le paraphraser en disant : il suffit peut-être d’une régie de l’eau, citoyenne bien sûr, pour créer un territoire.

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