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Militant du bien Commun.
Conseiller municipal (eelv) deVitry sur Seine.
Membre du groupe des élus de "la fabrique Vitry en mieux

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Le festival de l'oh supprimé: une curieuse façon de promouvoir le Val de Marne !

Les jeunes nous donnent de l'espoir. mardi 23 février 2016

Je publie ici l'interview donnée à Première heure au sujet de la suppression du Festival de l'OH ! par le département du Val-de-Marne.

Manifestation dont la première édition a eu lieu en 2001, le Festival de l'Oh ! va faire les frais de l'austérité générale. Lors du débat sur les orientations budgétaire du conseil départemental du Val-de-Marne, on a appris que 2016 sera la dernière édition de ce week-end festif qui se tenait en juin. Le Festival de l'Oh ! aura lieu cette année mais se tiendra avec des "moyens réduits" et sur quatre escales seulement. Voici le point de vue de Jacques Perreux qui fut le fondateur du Festival de l'Oh !

PH : Le festival de l'Oh va connaitre une édition allégée en 2016 avant une disparition en 2017. Que vous inspire cette décision ?

JP : Tristesse et incompréhension

Tristesse parce que ce festival était, selon les enquêtes d'opinion, la manifestation la plus fréquentée et la plus aimée des val de marnais. C’est du bien-être, du bonheur, de la joie d'être ensemble au bord de l'eau qui a été supprimé, c’était une occasion unique pour beaucoup de nos habitants de s'émerveiller gratuitement devant un spectacle de danse, de cirque, de poésie.

Incompréhension parce que ce Département s'était fait une règle de prendre ses décisions toujours après concertation.

A qui a-t-on demandé son avis ?

Mais a-t-on demandé leur avis aux centaines de militants associatifs qui, avec l'équipe du festival, inventent et réinventent chaque année les spectacles, les expo, les conférences, les croisières, etc ? A-t-on demandé l'avis des centaines d'artistes et d'intermittents qui re-créent de l'espace public au bord de l'eau? A-t-on demandé l'avis des centaines de salariés du conseil départemental, et particulièrement du service public de l'eau, qui trouvaient, grâce au festival du sens et de la reconnaissance pour leur travail souvent invisible ? A-t-on demandé l'avis des citoyens val de marnais sur quelles manifestions ou réalisations il fallait éventuellement opérer des coupes budgétaires ? Les campagnes avec des cartes T, qui sont devenues une habitude, auraient pu aider à prendre une décision qui soit partagée avec la population.

PH :Qu'est-ce que le Festival de l'Oh ! a apporté au département ? JP : Il a apporté au Val-de-Marne une belle image, unique, et aux val-de-marnais une vraie fierté, un goût pour du tourisme de découverte, l'opportunité de s'approprier des endroits magnifiques mais cachés, et une envie de mieux les protéger... il a développé et mis en lumière des savoirs souvent réservés aux seules sphères scientifiques. Il a développé, pour toute une équipe d'agents départementaux, mais aussi pour de nombreux acteurs partenaires, des savoir faire qui n'existent nulle part ailleurs. Il nous a donné une identité collective à travers la Marne et la Seine, dans une période où il y a tant besoin de référentiels culturels communs. Je disais souvent "le Val-de-Marne est l'enfant d'une histoire d'amour... Puisque la seine et la marne prennent leur source sur le plateau de langres puis se séparent et se retrouvent pour former le 94 " Ce festival nous a permis d'accueillir des personnalités prestigieuses : Danielle Mitterrand , le philosophe Ricardo Petrella, la grande féministe Vandana Shiva, le photographe Sebastiao Salgado,l'explorateur Jean-louis Etienne etc. Notre université populaire de l'eau a accueilli des centaines d'intellectuels. Il a été un support pour tous les combats pour que l'eau ne soit pas considérée comme une marchandise. Nous y avons vu confluer les plus grands et les plus beaux fleuves du monde : l'Amazone, le Gange, le Saint-Laurent, l'Ebre, le Danube... Le Maghreb s'y est aussi donné rendez-vous, pour nous apprendre à découvrir les autres à travers leurs cultures de l'eau. Il nous a apporté la conscience de notre fragilité et de notre responsabilité humaine vis à vis de notre planète. Il a été le premier Département pour l'éducation à l'eau et à l'environnement. Aux 4 coins du monde nous avons été invités pour partager cette expérience écologique unique : à Mumbaï, à Montréal, à Porto-Alegre, à Belem, à Florence, à Johannesburg au sommet de la Terre, à Saragosse à l'Exposition universelle, à Hanoï... En fait, en prenant la décision de fermer le festival de l'Oh!, le Val-de-Marne vient de fermer ses ambassades.

C'est quand même une curieuse façon de promouvoir le département dans la métropole, que celle qui consiste à éliminer sa manifestation la plus emblématique!

PH : Est-ce qu'on ne donne pas trop de place à la rigueur ?

JP : Avec cette conception de la rigueur économique, c'est toujours les mêmes qui paient. J'ai le souvenir de cette mamie de la cité Balzac à Vitry, s'adressant au Président Favier et à moi en descendant du bateau sur une escale "c'est le plus beau jour de ma vie. Merci, vous m'avez offert ma croisière à Venise". Cette décision brutale de supprimer révèle en quelque sorte la distance qui s'est installée entre les politiques et les gens, tels qu'ils sont vraiment, avec leur curiosité, leur générosité, leur aptitude au plaisir et au partage.

Je le dis : certains de ceux qui ont initié cette bien vilaine décision n'ont jamais mis les pied au festival, ou parfois seulement en coup de vent pour serrer des mains, en ne prenant jamais le temps de profiter du plaisir qu'on pouvait y prendre, ni de comprendre ce sentiment d'apaisement que l'on ressent dans une belle fête au bord de l'eau. Vous savez, c'est comme ces élus ne prenant jamais les transports en commun, n'ayant jamais supporté les galères quotidiennes que les usagers affrontent et qui depuis des décennies ont "oublié d'investir" pour entretenir et développer les RER et les métros !

Je repense à Pedro ARROJO, ce chercheur universitaire espagnol qui avait tenu à partager avec nous son Goldman price - l'équivalent du prix Nobel pour l'environnement - en 2003. Dernièrement,il s’était adressé en ces termes aux élus départementaux : "Vous ne vous rendez pas compte de la richesse immense que vous avez réussi à construire, avec le festival de l'Oh! Nous vous regardons du monde entier avec admiration pour cet engagement. Vous avez réussi à produire un projet qui remet l'écologie et l'environnement entre les mains de tous les gens, parce que vous y mettez les notions de plaisir, et de rêve ! Sans des actions comme celles-ci, nos rivières ne pourront jamais être restaurées !"

Effectivement ils ne s'en rendent pas compte, dommage pour les Val-de-Marnais et pour les Franciliens.

En quelque sorte, cette décision, c'est une fausse route qui risque de nous étouffer.

Ce festival c'était du bien être, de l'emploi, de la convivialité, de la solidarité, et du respect des autres cultures. Franchement a-t-on trop de tout cela actuellement ?

Et puis quel gâchis, car à travers cet évènement c'est tout un savoir faire faire et un savoir être qui est sacrifié. Les amoureux du festival de l'Oh peuvent se consoler si l'on peut dire, c'est que un peu partout, les territoires au bord des fleuves se tournent à nouveau vers eux et inventent des événements artistiques, culturels, parfois en s'inspirant du Val-de-Marne. Qui sait ? Certains reprendront peut être le flambeau, ou le flamb'Oh!

Jacques Perreux est conseiller général honoraire et conseiller territorial du T12 .Fondateur du festival de l'Oh , il est également l'auteur d'un rapport sur la place de la Seine en ile de france www.jacquesperreux.fr/actualite/tous-en-seine.html

Commentaires

  1. 01 mars 2016, 09:12 par Marisa

    une manière de nous dire que nous perdons la main et le regard, enfin les deux, sur nos biens communs partagés : les paysages, les boucles de la Marne, les berges inaccessibles aux regards, et que désormais nous devrions nous tenir à l'écart ? sur la rive ? et sans rêves ? l'austérité a bon dos et à moindres frais ; et que deviennent les égoutiers dans tout ça ?

  2. 01 mars 2016, 10:23 par marco

    c'est une décision autoritaire et injuste qui prive les gens comme nous qui n'ont pas assez d'argent pour aller dans les théatres ,du droit de voir des belles choses.
    Il y avait sans doute des gaspillages à supprimer plutot que ce festival.

  3. 02 mars 2016, 10:05 par Isabelle

    Oh! Pas toujours d'accord avec vous mais là ça déborde. Il faut sauver le festival. Oh Mr Favier il faut réagir.

  4. 02 mars 2016, 09:59 par amigoh

    Je recommande de lire sur le festival de l'OH la page 47 du rapport "La dimension culturelle du Grand Paris" de Janicot de Janvier 2012. Et notamment partir de "Ce sentiment dune dispersion des moyens et des nergies a conduit la mission suggrer que par le rapprochement, lextension territoriale, le croisement des projets puissent merger quelques manifestations de trs grande ampleur qui comme la fte de la Musique en son temps pourraient devenir des rfrences mondiales et le cas chant essaimer dans le monde. Si lon souhaite donner la Seine une place dterminante dans la dynamique du Grand Paris, un festival comme celui de "lOh !" nous parat peut-tre pouvoir devenir la matrice dun festival lchelle de la Seine toute entire." On appelle cela au minimum du Gchis Un ami du festival de l'oh

  5. 04 mars 2016, 18:51 par Mot Passant

    Repris d'un texte de Patrick Poirier (
    http://www.spiralemagazine.com/editorial-magazine/helene-david-winston-churchill-et-nous), qui s'applique parfaitement au contexte

    "Alors que faisait rage la Seconde Guerre mondiale, le parlement britannique aurait exigé que les subventions aux arts et à la culture soient plutôt versées à l’effort de guerre, ce à quoi Churchill aurait répondu : « Then what are we fighting for ? » Pourquoi combattre le IIIe Reich si ce n’est pour préserver notre culture ?

    Winston Churchill, pourtant, n’a jamais prononcé ces mots ; ceux-ci s’avèrent, semble-t-il, une construction des médias sociaux. Odile Tremblay, comme la plupart d’entre nous, a en somme été séduite et trompée par une fiction, une idée, par le rêve ou la promesse d’un politicien qui, même confronté au pire, n’en persiste pas moins à considérer la défense des arts et de la culture comme une « priorité suprême », écrit-elle ; je dirais, pour ma part, comme une évidence. Ce qui sous-tend cette citation, c’est en effet une conception de l’art et de la culture qui en fait les fondements d’une société ou d’une nation, son histoire, sa fiction identitaire, sa mémoire commune, ce qui l’a définie, ce pour quoi l’on se bat. Cette citation fait aussi de Churchill un politicien à qui l’on n’a pas besoin d’expliquer l’importance de la culture et qui n’a à être convaincu ni de sa valeur, ni de sa nécessité. Quel artiste, quel intervenant du milieu culturel, ne rêve pas d’un tel premier ministre à la tête du pays ? "

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