vignette jaques perreux

Militant du bien Commun.
Conseiller municipal (eelv) deVitry sur Seine.
Membre du groupe des élus de "la fabrique Vitry en mieux

Rendez-vous sans rendez-vous

  1. En mairie

    le 1er jeudi du mois à partir de 17h téléphoner au 01 46 82 84 56.

  2. Dans les quartiers

    • Centre quartier Fabien
    2e jeudi du mois à partir de 18h

    • Galerie commerciale
    Simply (ex-Atac)
    3e jeudi du mois à partir de 18h

Carte blanche

  • les idéaux républicains sont devenus des armes de discrimination et de mépris

    par Jacques Rancière, Philosophe

    lire la suite

Vu ici et là

Sur le net

vignette Tous en Seine - le rapport
Télécharger le rapport

Tous en Seine - le rapport
(PDF, 1Mo)

Nous refusons d’être des apprentis sorciers

Actualités vendredi 28 juin 2013

  • La 1ère page du rapport de la mission d’information et d’évaluation sur les questions posées par des demandes de permis de recherche d’hydrocarbures dans le Val-de-Marne

  • La 1ère page du rapport de la Mission Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques

  • La page 45 du rapport de la Mission Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques

  • suite de la page 45 du rapport de la Mission Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques

Voilà l'intervention que j'ai faite en séance du Conseil général, lors de la remise du rapport de la mission d’information et d’évaluation sur les questions posées par des demandes de permis de recherche d’hydrocarbures dans le Val-de-Marne, dont j'étais l'un des rapporteurs.

Chers collègues,

J’aurai pu venir avec une bouteille pleine d’une eau saumâtre brune, chargée en benzène, tri-chloréthilène, et autres produits chimiques cancérigènes, de métaux lourds remontés du sous-sol, qui serait l’eau expulsée d’un des puits de pétrole de la région parisienne. Car c’est aussi cela que nous avons appris pendant les auditions de notre mission : l’exploitation pétrolière est continue dans notre région depuis 40 ans, et aujourd’hui, si elle produit moins de 1 % de notre consommation annuelle de pétrole, ses puits rejettent 4 fois plus d’eau gravement polluée que de pétrole !

Cette bouteille, ce ne serait qu’une réponse aux incroyables offensives à répétition des lobbies économiques et politiques pour faire sauter l’interdiction de l’exploration et exploitation des gaz et pétroles de schistes.

La dernière offensive date du 6 juin dernier avec le rapport du sénateur Jean-Claude Lenoir et du député Christian Bataille intitulé « Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels ».

Regardez bien cette page 45 du rapport, elle vaut son pesant de cacahouètes [3e page du diaporama].

Sur la photo du haut, nos 2 parlementaires posent le 22 mai 2013, avec les techniciens du pétrole de la concession confiée à la société vermillon du seul puits d’huile de schiste non conventionnel en France située en seine et marne En dessous, dans une petite bouteille en plastique, 50 cl d’un liquide qui ressemble presque à du sang, le sang de la terre ?, avec cette légende : « pétrole de roche-mère extrait du puits Champotran 29 en présence de vos deux rapporteurs ». Ils ont découvert l’eldorado à nos portes.

Résumons : en 2010, alors que le débat sur les hydrocarbures de roches-mères n’est pas lancé en France – il ne commencera qu’en décembre 2010 - la société Vermilion procède à deux fracturations hydrauliques sur le site de Champotran. Et au bout de 3 ans d’exploitation, quelle production ? C’est écrit p 44 : « Ce puits continue de produire du pétrole non conventionnel (1 baril/jour). » Alors que notre consommation pétrolière est de 1.975.000 barils par jour, OUI, vous avez bien entendu 1 baril par jour.

Nous avons donc là d’abord l’exemple même de la déplétion très forte des puits d’hydrocarbures non conventionnels – en moyenne ils ne produisent plus que 10 % de leur production initiale au bout de 2 ans !

Et encore en dessous, la tête de chapitre annonce : UNE TECHNIQUE MAITRISABLE. On voit bien que l’enjeu est là, et ce rapport qui devait nous parler des techniques alternatives, prend acte du fait qu’il n’y a pas d’alternative industrielle, et que la fracturation hydraulique est la seule possible aujourd’hui. Selon nos bienheureux rapporteurs, elle peut être améliorée en substituant aux produits chimiques … un cocktail américain de produits alimentaires ! Allez, je ne résiste pas au plaisir de vous les citer (p 48 du rapport) : pate de soja, jus de fruits, fromages, boissons alcoolisées, épices, sucre glace, lait, crème de noix de coco, œufs, poisson, bière, desserts…

Vous voyez, pour Halliburton, qui a concocté ce mélange « CleanStim », c’est fromage ET dessert !

Oui, les lobbies font le forcing. Je vous conseille, chers collègues, d’aller voir La terre promise, le film de Gus Van Zant qui montre le lobbying à l’œuvre dans ce domaine énergétique, manipulations, achats des opinions, corruption…

Citons encore Mme Parisot, présidente du MEDEF, le 29 mai dernier : «Nous (la France) nous interdisons de considérer une ressource qui pourrait tout changer pour la situation économique du pays». «Il y a un enjeu d’indépendance énergétique, de prix du gaz et d’indépendance par rapport (au fournisseur russe) Gazprom».
C’est de l’intox. ! Le but de ce lobby n’est pas la production mais une nouvelle bulle financière qui fait fi autant de l’emploi que du désastre écologique. Tous les experts s’accordent pour dire qu’on produirait au maximum avec les hydrocarbures non conventionnels 20 % de notre consommation journalière. Aucune influence sur les prix, le prix du gaz restant indexé sur celui du pétrole, et le gaz russe restant dominant. En imaginant des puits qui produisent 10 fois plus que celui de Champotran, ça fait quand même 40 000 puits !!! qu’on creuserait essentiellement … dans le Bassin Parisien ! (si ces chiffres vous semblent incroyables, rappelons qu’il y a eu plus de 500 000 puits creusés aux USA en 10 ans pour seulement 600 000 emplois). Madame Parisot tel le chien de Pavlov osait s’exprimer ainsi dans un face à face avec la ministre de l’écologie consacrée à la transition énergétique !!

Car le vrai enjeu ce n’est pas d’enrichir quelques uns mais de sauver la planète en limitant le dérèglement climatique. C’est vraiment d’un cynisme absolu d’oublier les mises en garde des savants, des experts du GIEC qui ne cessent de nous dire : les conséquences du réchauffement climatique seront lourdes, voire terribles. Augmentation de la fréquence des vagues de chaleur ; élévation du niveau moyen des océans - déjà 20 cm dans le dernier siècle, plus d’un mètre en 2100 ; cycle de l’eau perturbé, pouvant entraîner des pluies très intenses (inondations) ou des sécheresses prolongées ; modifications de la végétation (dates de floraison, vendanges…).

Inondations, mousson, cyclones, tempêtes - ont conduit, en 2012, au déplacement de 32,4 millions de personnes dans 82 pays, deux fois plus que l’année précédente, 2011. En Chine, plusieurs typhons ont entraîné l'exode de 4 millions d'habitants, aux Philippines, 3,5 millions. Au Nigeria, 6,1 millions d'habitants ont été déplacés du fait d'inondations. Même les États-Unis sont touchés : plus de 180 des villages autochtones d’Alaska sont menacés de disparition. Quel sera le bilan des inondations en France pour 2013 ? L’enjeu est bien de sortir de ces politiques à la vue basse menées par la dictature des marchés financiers.

Et de provoquer un sursaut de sagesse pour investir dans les économies d’énergies, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables – c’est bien les conclusions du débat sur la transition énergétique que nous avons mené depuis quelques mois, en France mais aussi ici au Conseil général le 15 mai dernier. Les français y sont prêts !

Comme le disait le clip gouvernemental français après le premier choc pétrolier : En France, on n’a pas de pétrole, (je rajouterai, les gaz et pétroles de schiste on n’en veut pas !), mais on a des idées !

Et nous devons les mettre en œuvre dans notre département comme partout non pas avec les pétroles de schiste, mais avec les réseaux de chaleur et la géothermie, l’investissement dans l’isolation des bâtiments. Effectuer cette fameuse transition énergétique, c’est vital : il faut changer notre mode de vie ! C’est là le principal message à retenir de notre mission d’information et d’évaluation sur les questions posées par des demandes de permis de recherche d’hydrocarbures dans le Val-de-Marne.

Chers collègues, le permis de Chevry qui nous vise creuserait au moins 100 puits dans le Val-de-Marne. Nous refusons les paysages défigurés, la pollution de notre eau bien commun, les risques pour la santé de notre population, et nous le refusons aussi parce que le Val-de-Marne est une des départements les plus vulnérables au dérèglement climatique avec des dégâts considérables en cas d’inondation. Oui, nous refusons d’être des apprentis sorciers.

Merci pour votre attention.

Commentaires

  1. 04 juillet 2013, 14:26 par Mylène Rémy

    Bravo pour ce discours courageux et instructif, M'autoriez-vous à le transcrire sur mon blog : leblogde"mylene.centerblog .net
    Cordialement
    Mylène Rémy

  2. 08 juillet 2013, 09:59 par Jacques Perreux

    mais bien sûr avec plaisir, en citant la source ;-)
    cordialement
    Jacques Perreux

commentez cet article






*Champs obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.
Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaîtront pas tant que le modérateur ne les aura pas approuvés.