vignette jaques perreux

Militant du bien Commun.
Conseiller municipal (eelv) deVitry sur Seine.
Membre du groupe des élus de "la fabrique Vitry en mieux

Rendez-vous sans rendez-vous

  1. En mairie

    le 1er jeudi du mois à partir de 17h téléphoner au 01 46 82 84 56.

  2. Dans les quartiers

    • Centre quartier Fabien
    2e jeudi du mois à partir de 18h

    • Galerie commerciale
    Simply (ex-Atac)
    3e jeudi du mois à partir de 18h

Carte blanche

  • les idéaux républicains sont devenus des armes de discrimination et de mépris

    par Jacques Rancière, Philosophe

    lire la suite

Vu ici et là

Sur le net

vignette Tous en Seine - le rapport
Télécharger le rapport

Tous en Seine - le rapport
(PDF, 1Mo)

Nous sommes les habitants de la Métropole, nous devons aussi en être les citoyens

Actualités samedi 27 juin 2015

Je reproduis ci-dessous une interview donnée au journal Première Heure.

Jacques Perreux (EELV) vient d’être nommé conseiller général honoraire. Ancien conseiller régional, conseiller municipal de Vitry-sur-Seine où il critique souvent vertement la municipalité communiste, M. Perreux – qui fut longtemps élu et membre de la JC et du PCF – s’exprime ici sur son expérience d’élu de terrain, celle de conseiller général, et d’actuel conseiller municipal et fait le point sur une institution qu’il connaît bien - le conseil général devenu conseil départemental – et sur la Métropole qu’il connaît aussi bien.

Première Heure : Vous êtes conseiller général honoraire. Regrettez-vous de ne pas été élu lors des dernières élections?

Jacques Perreux. Beaucoup de gens savent que je souhaitais passer la main. Il est bien que désormais la loi permette aux remplaçants de prendre facilement le relai du titulaire. Si je regrette une chose, c'est que le Parti communiste local ait rejeté tout accord avec notre Fabrique citoyenne Vitry en Mieux. Car aujourd'hui, il y aurait davantage de pluralisme au conseil départemental, un peu plus d'écologistes, qui sont sous-représentés, et de citoyens qui ne se reconnaissent dans aucun parti politique. Il faut changer notre culture politique. Celle-ci pose tous les accords de gestion en termes de domination du parti le plus fort sur les autres, alors que dans les têtes et dans les urnes aucun parti n'est nulle part majoritaire. Avec cette pratique, nous allons dans le mur car les politiques menées prennent de la distance vis-à-vis des citoyens et provoquent de la défiance, de la colère et souvent du repli sur soi. Ce qui se passe en Espagne et en Grèce avec Podemos et Syriza est, pour moi, un véritable espoir. Il faut non seulement les soutenir face à la dictature des marchés financiers, qui ne tolèrent pas cette rébellion, mais aussi s'inspirer de leurs recherches pour inventer de nouveaux chemins politiques. C'est ce que nous cherchons à faire modestement et en tâtonnant avec la Fabrique citoyenne Vitry en mieux. Ce n'est pas parce que tous les partis périclitent que c'est la fin de l'histoire. Au contraire, c'est le début d'une ère nouvelle.

PH : Que retirez-vous de vos années d'élu au conseil général?

JP : La satisfaction d'avoir contribué à une politique de justice sociale, une politique nettement mieux à gauche que la politique nationale. Quand on distribue un ordinateur portable aux élèves de sixième comme notre groupe l'a proposé, on lutte concrètement contre les inégalités sociales. Satisfaction aussi d'avoir apporté une touche écologiste avec mes amis Daniel Breuiller (maire d’Arcueil, NDLR) et Christine Janodet (maire d’Orly, NDLR) sur les enjeux de l'eau, du climat, de l'alimentation, des espaces verts et de l'agriculture. Mais je ne vous cache pas que nous aurions voulu faire beaucoup mieux. La position de minoritaire est stimulante : elle interdit de s'endormir et oblige à être convaincant. Dans toute équipe politique au plan local ou national, il faudrait que toutes les forces soient minoritaires. C'est l'intérêt de la proportionnelle intégrale. Mais ma plus grande satisfaction, c'est d'avoir réussi parfois à être d'abord un élu, animateur de la vie démocratique. Ainsi le Festival de l'Oh!, son université populaire, la réouverture de la Bièvre, les reconstructions des collèges et les réhabilitations de cités de mon canton (Vitry-sur-Seine Ouest, NDLR) ou encore l'aide aux projets de proximité que j'ai conduits, sont surtout le résultat de la mobilisation des intelligences, des intuitions, des aspirations de la société et notamment des réseaux associatifs. Je crois profondément qu'il faut se départir d'une démarche descendante de la politique pour emprunter une pratique ascendante qui conduise à l'autogestion. Certes, ce n'est pas facile : il y a beaucoup d'obstacles. Mais abandonner cette conception conduit inévitablement à l'abstention et au désastre politique.

PH : Vous avez tenu des permanences ouvertes dans une galerie commerciale sans que les citoyens aient besoin de prendre rendez-vous. Allez-vous continuer?

JP : Oui, absolument. D'abord parce que les gens qui cumulent les injustices et les accidents de la vie ont besoin d'écoute et de soutien car souvent les démarches à entreprendre sont compliquées. Et puis je dois avouer que ces permanences m'ont rendu plus sensible à certaines questions et m'ont aidé à mettre en œuvre des solutions. Ainsi quand on voit le parcours du combattant des élèves pour trouver le stage nécessaire à leur scolarité, on s'aperçoit finalement que le stage reproduit les inégalités sociales. Les stages intéressants sont pour ceux dont les parents ont le «bras long». Pour les autres, c’est tant pis, alors que le stage peut ouvrir de nouveaux horizons et transformer tout le parcours d'une vie. L'ouverture de plateformes solidaires pour aider ces recherches serait salutaire.

PH : Vous vous plaignez sur votre blog que la municipalité communiste de Vitry-sur-Seine ne veuille plus annoncer ces permanences dans le journal municipal…

JP : Comme s'il y avait trop de moments de rencontres entre les élus et leurs concitoyens! Plutôt que de se tirer une balle dans le pied, la municipalité de gauche devrait, au contraire, encourager ces élus. Nous ne sommes pas des ennemis. J'espère que le bon sens va l'emporter, au moment où sur la proposition de Christian Favier, président (PCF, NDLR) du conseil départemental, le préfet du Val-de-Marne reconnaît mon dévouement au service du bien public en me donnant le titre de conseiller général honoraire.

PH : Le département est-il encore nécessaire?

JP : Les institutions ne doivent pas être immuables. Elles doivent bouger et être simplifiées pour mieux coopérer et gérer, aux bonnes échelles, les grands enjeux et les biens communs comme l’air, l’eau, et le climat qui sont en danger. La Métropole du Grand Paris existe. Nous en sommes les habitants, nous devons en être les citoyens. Bientôt, les lignes 14 et 15 du Grand Paris Express, des lignes de tramway multipliées, le Pass Navigo vont nous rendre plus proches, plus mobiles et plus égaux. Cette métropole doit combattre les inégalités et rééquilibrer l'emploi vers l'Est. D’ailleurs, cette métropole aurait pu être la région. Cela aurait été plus simple et plus juste vis-à-vis de l'ensemble des Franciliens. En tout cas, dans la mesure où les intercommunalités vont s'agrandir en devenant des conseils de territoires – de petits départements en quelque sorte - les départements actuels peuvent laisser la place. Il ne faut pas avoir la religion des institutions. C'est la commune qui est essentielle. Et les villes qui ont joué le jeu de l'intercommunalité depuis longtemps n'ont pas perdu de leur identité ni de leurs services publics. Des craintes légitimes existent. Mais comme on dit, la peur n'évite pas le danger. Il nous faut rentrer dans une phase conquérante en revendiquant une métropole qui reconnaisse la diversité des identités, des histoires et des aspirations des populations. Sinon, c'est la centralisation chère au monde libéral qui imposera sa loi. Il faut donc construire une métropole démocratique qui fonctionne sur la base de compétences partagées avec le bloc communal. Ainsi, s’agissant du logement, ce n'est pas à tel ou tel étage de décider, de façon autoritaire, où l’on construit. Mais c'est en mettant tout le monde autour de la table que l'on peut le mieux répondre à la question : où peut-on et où doit-on construire pour faire de la ville et rapprocher l'emploi et le lieu de vie? Une métropole où, enfin, les représentants des territoires soient élus au suffrage proportionnel.

commentez cet article






*Champs obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.
Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaîtront pas tant que le modérateur ne les aura pas approuvés.