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Un devoir d’optimisme et de volontarisme pour éviter la catastrophe climatique

Climat & Energie lundi 11 juillet 2011

Lors de la séance du Conseil Régional du 24 juin dernier nous avons examiné le plan climat énergie présenté par Helene Gassin, Vice-Présidente chargée de l’environnement, l’agriculture et l’énergie. Au nom de mon groupe, j’ai fait l’intervention suivante.

Nous n’avons pas le droit d’être catastrophiste, mais ce n’est pas être catastrophiste que d’être lucide sur les catastrophes humaines et environnementales qu’entraine d’ores et déjà le dérèglement climatique et sur les risques d’emballement incontrôlable de la machine que pointent de plus en plus les experts.

Nous avons d’autant plus de devoir de rester optimistes que nous avons par dessus tout la responsabilité d’agir. Les victimes de la désertification, des inondations, et ceux qui en subissent les menaces imminentes, nous le crient et nous en supplient : « Agissez ! Agissez vite !». Et l’avenir des générations futures nous le commande.

Comment oser dire que l’écologie « ca commence à bien faire », quand le dernier rapport de l’Agence Internationale de l’Energie a montré que les émissions de CO2 ont atteint avec une hausse de 5,9% un nouveau record historique en 2010, après celui de 2008. La reprise économique s’est traduite par une explosion des émissions. Preuve s’il en est que nous ne pourrons trouver de solutions sans repenser fondamentalement notre modèle de développement, de production et de consommation, comme il en a été question lors de notre discussion hier sur le SRDEI(Stratégie Régionale de Développement économique et de l’Innovation).

Les négociations climatiques internationales de la semaine dernière ne sont malheureusement pas de nature à nous rassurer. Très clairement, au rythme où nous allons, l’objectif maximal des +2°c que s’était fixé la communauté internationale ne sera pas tenu. L’avenir du protocole de Kyoto, le seul instrument international contraignant, n’est pas garanti après décembre 2012.

La volonté des pays du Sud à assurer leur propre développement est légitime. Notre groupe EELV le dit avec force, on ne peut s’exonérer de la dette écologique que nous avons à leur égard. Il est vrai aussi que les nouveaux géants économiques la Chine, l’Inde… font aujourd’hui partie des plus gros pollueurs de la planète, et doivent assumer une partie de leur responsabilité. Mais les pays du Nord, l’Europe, les Etats Unis en première ligne, ont une responsabilité historique plus forte qu’ils doivent assumer en réduisant drastiquement leurs émissions. Plusieurs Etats européens, comme l’Allemagne, la Grande Bretagne et le Danemark se sont déjà prononcés officiellement pour une réduction de 30% de celles ci d’ici à 2020, mais ce n’est malheureusement pas le cas de la France.

Alors se pose la question : devons-nous nous résigner et rester spectateurs de ce qui constitue l’enjeu le plus important que l’humanité ait à affronter en ce début de XXI siècle ?

Le manque d’ambition de notre gouvernement, sa logique productiviste, son entêtement nucléaire et son pendant : le manque cruel d’investissement dans les énergies renouvelables ne doivent pas nous décourager et nous faire renoncer. J’entends encore Madame le maire d’Atlanta lors du forum de la terre à Johannesburg dire « puisque le Président Bush a refusé de signer le protocole de Kyoto, nous redoublerons d’efforts au plan local pour atteindre les objectifs ! ».

A notre niveau, nous pouvons prendre des mesures importantes et efficaces. Les régions ont un rôle stratégique en matière de transports, d’aménagement du territoire, d’infrastructures et de logement. Les collectivités sont des acteurs incontournables de la lutte contre le changement climatique. Elles peuvent agir sur plusieurs grands leviers, comme le propose le Plan Climat, pour maitriser leurs émissions : politique énergétique, achats publics, plan de déplacement rénovation thermique des bâtiments etc.

Le dernier rapport du GIEC a conforté cette évidence : 50% à 70% des mesures d’atténuation et d’adaptation ont vocation à être « mises en œuvre à l’échelon infranational ».

Une Région comme la notre doit être en mesure de montrer sa volonté politique d’agir, d’infléchir les politiques dont elle a la charge pour démontrer que la transition énergétique ne sera possible que si nous engageons un virage à 90° dans tous les secteurs.

Pour toutes ces raisons, nous sommes très heureux d’être réunis aujourd’hui ici pour adopter le Plan régional pour le Climat présenté par Hélène Gassin. Nous tenons à la remercier pour l’ampleur du travail accompli et la concertation déterminée qu’elle a menée au cours de cette première année de mandature afin que ce Plan Climat puisse voir le jour.

Je suis sûr qu’Hélène sera d’accord avec nous pour dire que l’adoption de ce plan climat n’est pas un aboutissement, mais bien l’étape importante d’une dynamique, qui nous engage sur la voie d’un autre développement, de la conversion écologique du territoire, de la transition énergétique de l’Ile de France et de la justice sociale.

Les efforts nécessaires doivent être partagés par tous. Et c’est bien ce que dit ce plan : la transversalité, l’implication de tous les secteurs et de tous les acteurs, l’exemplarité de la région dans ses pratiques et la mobilisation des territoires sont les conditions sine qua non pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et adapter le territoire aux effets du changement climatique afin d’en limiter les conséquences.

Parmi les 24 mesures du plan, il en est certaines plus emblématiques.

En mettant l’accent sur la rénovation thermique des lycées franciliens, la région montre sa volonté d’exemplarité. Vous le savez trop d’établissements sont encore des passoires thermiques. C’est un coût financier énorme pour la région et un impact non négligeable sur les émissions. Ainsi, le plan de « rénovations thermiques ciblées » sur 10 ans, pour réduire de 40% la consommation énergétique des bâtiments, est à nos yeux une mesure essentielle. Nous veillerons à ce que les moyens à la hauteur de cette ambition y soient associés. Nous sommes également attachés au travail de sensibilisation et de formation qui doit aller de pair pour optimiser les installations thermiques des établissements. L’exemplarité est nécessaire pour changer concrètement les choses. Nous savons bien qu’elle est aussi nécessaire dans ce domaine pour combattre le sentiment d’impuissance et donner confiance aux citoyens dans l’utilité de modifier leurs propres comportements individuels. Il ne s’agit pas de culpabiliser les citoyens comme certains le disent, mais de responsabilisation citoyenne. D’ailleurs n’oublions pas que les citoyens sont souvent bien en avance et à l’origine des dynamiques qui entrainent ensuite les collectivités, les entreprises et les Etats.

Un autre point fort de ce plan c’est la lutte contre la précarité énergétique, qui dégrade la vie de centaines de milliers de familles. Cela passe notamment par la création de la SEM Ile-de-France énergie nouvelle, une réponse particulièrement novatrice pour aider ces ménages franciliens tout en contribuant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre liés au secteur du bâtiment résidentiel, qui représente à lui seul 19% des émissions sur le territoire francilien. Si on veut protéger les plus démunis dans ce domaine, il faut les protéger des logiques parfois sans limite du marché, et le faire comme nous nous y sommes engagés en assurant une maitrise publique de ce nouvel outil.

94 % de l’énergie consommée en Idf provient soit de ressources fossiles, soit du nucléaire. La région peut et doit contribuer à réduire cette dépendance et changer de cap en la matière. Nous devrons être capables de développer une politique basée sur le triptyque : sobriété, efficacité, énergies renouvelables. Sur ce dernier point, c’est d’un véritable changement d’échelle dans les investissements régionaux dont nous avons besoin. Beaucoup de collectivités manifestent des attentes vis a vis de la Région pour financer des projets de géothermie. Un puits permet de chauffer 4000 à 5000 logements et d’éviter 10000 tonnes de CO2. Un puits est l’équivalant d’un panneau solaire qui ferait 100 mètres sur 1 kilomètre, soit 100 000 m2 !

Pour conclure, c’est un plan innovant, solidaire, ambitieux et de long terme. Nous le voyons à travers les mesures qui ont été citées. Une dernière, peut être moins significative en termes d’impact, le montre bien aussi. La région, à travers sa contribution énergie climat volontaire, financera des projets innovants développés au Sud, à forte composante environnementale et contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation des biens communs et la protection des populations autochtones présentes sur les territoires.

La lutte contre le réchauffement climatique peut donner un nouveau sens à la façon d’habiter la planète terre, et la région IDF : celui d’une humanité solidaire.

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