vignette jaques perreux

Militant du bien Commun.
Conseiller municipal (eelv) deVitry sur Seine.
Membre du groupe des élus de "la fabrique Vitry en mieux

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L’anti-libéralisme du mondial au local

L'eau, notre bien commun mardi 27 juillet 2010

Nous avons besoin de biens qui soient communs aux êtres humains, pour faire société et monde ensemble de façon solidaire. C’est évidemment une optique, un choix de vie qui contredit celui de la concurrence et de la loi de la jungle.

La coopération et le partage sont dans l’esprit de ceux qui se rassemblent à ce Forum Européen, pour rendre l’autre monde et l’autre Europe possibles.

Et comme élus, nous devons chercher, je crois, à mettre nos actes au plus prés de nos idées. Prenons l’exemple de l’eau. L’eau a deux caractéristiques essentielles : celle d’être un bien indispensable aux êtres vivants et celle de nous être donnée par la nature.

A ce double titre, il revient à la collectivité humaine au plan local, national ou mondial, d’assurer la garantie de ce droit fondamental à chaque être humain et de considérer l’eau comme un bien commun de l’humanité, c’est à dire appartenant à tous et à personne en particulier.

C’est si vrai, qu’en l’an 2003, 95 % de l’eau potable dans le monde est produite, distribuée et gérée par des services publics, c’est y compris le cas aux USA, au Canada, au Japon…

En France, pour des raisons historiques trop longues à développer ici et du fait de décisions politiques prises, au plan local, ce service a été délégué à des entreprises privées.

Ces décisions font qu’aujourd’hui Véolia, Suez et la Saur, gèrent l’eau de 60 % de nos communes couvrant 80 % des usagers.

Cela pose au moins trois problèmes aux élus progressistes,

  • premier problème : celui du montant de la facture. Un rapport parlementaire parle d’un sur-coût de 23,5 % pour les communes et de 44 % pour les communautés d’agglomérations, du privé par rapport aux régies directes. Celui de l’opacité sur le respect des contrats. Les différents audits réalisés ces derniers temps, y compris celui sur Paris, ont de quoi nous alerté très sérieusement.
    Enfin le manque de transparence sur une question aussi cruciale, est évidemment inquiétant pour la démocratie, mais aussi dangereux puisqu’il s’agit d’une denrée vitale qu’il faut protéger et dont personne ne peut croire que ce soit là l’objectif premier des actionnaires, des grands majors de l’eau !
  • Deuxième problème : il se trouve que ces entreprises ont non seulement la maîtrise de l’eau mais aussi celle, totale ou partielle, des déchets, des cliniques, des parcs de loisirs, de la restauration scolaire, des parkings, de chaînes de télévision, du net, de la culture, des maisons d’édition. Même les adeptes les plus forcenés du service public, ne revendiquent pas qu’un seul service public s’occupe de tout cela. Il y a objectivement danger de livrer à des actionnaires (aussi bonnes que soient leurs intentions !) l’eau, notre culture et notre libre pensée.
  • Troisième problème : c’est à partir de ce modèle français de délégation de service public, que « nos » entreprises privées françaises sont devenues des multinationales qui vont à la conquête de l’eau du monde.

En 1980, 300 000 usagers étaient fournis par ces entreprises privées hors la France et la Grande Bretagne, ils sont aujourd’hui 400 millions et l’objectif évoqué lors du sommet de la terre à Johannesburg, est qu’elles fournissent dans 10 ans 1,7 milliards d’habitants. Quand on voit la puissance acquise par ces multinationales avec 5 % du marché, que serait-elle ? Avec 20 ou 30 % du marché !

Personne ici, ne peut penser qu’il est possible de construire un autre monde en nous contentant seulement de le réclamer. L’autre monde possible passe par des actes concrets –par exemple pour construire quelque chose comme un service public mondial de l’eau- en tous les cas par des actes qui affaiblissent la dictature financière des multinationales.

A partir de ces trois problèmes évoqués, on peut penser que la sagesse est dans l’anti-libéralisme en actes au plan local. C’est le sens de l’Appel aux Maires progressistes de France lancé par des dizaines de militants de l’eau du monde entier qui les invite à réfléchir au non-renouvellement de leurs contrats et à repasser en régie directe qu’elle soit municipale, syndicale ou inter-communale.

Certains disent que ce retour à la régie est compliqué, beaucoup d’exemples : Grenoble, Rouen, Castres, le Havre, montrent que ce ne l’est pas autant qu’on veut bien le dire. Et puis dans tous les cas de figure, il y a une chose qui est simple c’est celle de lancer en grand le débat avec les citoyens sur cette question, de se donner les moyens d’audits et d’expertises, de faire jouer à fond la démocratie participative.

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