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Militant du bien Commun.
Conseiller municipal (eelv) deVitry sur Seine.
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Réflexions après le Forum Mondial de l’Eau d’Istanbul

L'eau, notre bien commun lundi 26 juillet 2010

Je représentais le Conseil général du Val de Marne et son service public de l’environnement et d ’assainissement au Forum Mondial de l’Eau à Istanbul.

Ayant participé essentiellement au Forum des autorités locales et au forum alternatif, je n’ai donc, qu’une vue forcément partielle de l’événement, au regard de son gigantisme. J’en retire néanmoins des impressions qui me font dire que les idées qu’avec beaucoup d’autres, nous défendons contre la marchandisation et pour la gestion de l’eau en service public sont très partagées et plutôt en progression par rapport au précédent Forum de Mexico.

Evidemment, je ne méconnais pas le poids des multi nationales de l’eau, co-organisatrices du forum. Mais il me semble significatif qu’à plusieurs reprises et de façon défensive, le « Président » du « Conseil Mondial de l’Eau » Loïc Fauchon, ait eu besoin de déclarer : « Public – Privé ce n’est pas le problème ». Il n’y a pas si longtemps le discours était plus arrogant et érigeait en modèle unique - le privé. Les militants alter-mondialistes sont loin d’être les seuls à percevoir que les expériences de privatisation ne sont pas probantes et positives pour les peuples. Les multinationales de l’eau ne bénéficient plus d’un a priori favorable, d’autant que beaucoup d’élus constatent que lorsqu’ils délèguent la gestion de ce bien commun au privé, la collectivité perd progressivement les savoirs, les savoir-faire ,et les capacités d’ingénieries qui sont indispensables au contrôle du service.

Dans ce forum mondial, la grande majorité des dizaines de milliers de participants sont eux-mêmes issus du service public porteurs de ces valeurs et finalités. Ceci n’est pas pour nous étonner, puisque s’il y a des tentatives forcenées de privatisation c’est bien parce que l’eau est massivement gérée dans le monde par des services publics locaux. D’ailleurs la ville hôte de ce forum, Istanbul, dispose elle-même d’un service public de l’eau potable et de l’assainissement qui dessert près de 15 millions d’habitants. Les salariés de celui-ci étaient très présents dans la multitudes de débats.

Le forum des autorités locales organisé par les Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) s’est conclu par une déclaration finale : « Le pacte d’Istanbul » qui affirme dans son 1er point que l’accès à une eau de bonne qualité et à l’assainissement est un droit fondamental pour tous les êtres humains et joue un rôle essentiel dans la préservation de la vie, de la santé publique, et dans la lutte contre la pauvreté; et dans le deuxième point que l’eau est un bien public qui devrait donc être sous contrôle public, même si sa gestion est partiellement ou totalement déléguée au secteur privé; certes tout n’est pas « bordé » comme on pourrait le souhaiter, mais entre la première version de cette déclaration et celle-ci je dois reconnaître qu’elle s’inspire fortement des amendements que le Conseil général 94 avait porté et que la notion du Droit à l’eau comme droit fondamental y est acté. D’ailleurs l’ultime amendement que nous avons déposé lors de l’assemblée de clôture du Forum des autorités locales et qui renforce le besoin d’un véritable contrôle public a été adopté.

D’autre part, le Sénateur UMP français Jean François Legrand qui était le rapporteur de la séance des parlementaires à commencé son compte rendu devant 1 millier d’élus locaux (Maires, Conseil régionaux, départementaux…) en disant que les députés considéraient que le droit à l’eau devait être inscrit dans les Constitutions ! C’est là, une revendication portée depuis des années par le mouvement alter mondialiste !

Cependant, on apprenait en clôture du Forum que la déclaration inter ministérielle ne faisait plus - du fait du lobbying des délégués américains - référence à l’eau comme un droit mais comme un besoin.

Une autre impression que je retire de ce forum, c’est que le drame que connaissent plusieurs milliards d’êtres humains du fait de leur non-accès à l’eau potable et à l’assainissement est quasiment déléguée par les Etats aux autorités locales. Devant l’insuffisance criante des moyens consacrés par les états les plus riches, à cet enjeu l’idée est même avancée d’une généralisation ou d’une « mondialisation » de la loi Oudin. Cette loi permet en France aux services publics d’eau et d’assainissement de consacrer 1% de leurs recettes à des actions de solidarité dans ce domaine.

Nous pourrions comme je l’ai évoqué devant le Forum alternatif proposer qu’en écho à ce 1% des collectivités locales, il y ait un 1% national pris sur les dépenses militaires et pourquoi pas un 10% des bénéfices tirés de l’eau affectés à la lutte concrète pour l’accès à l’eau et l’assainissement. Les sommes ainsi collectées seraient suffisantes pour que le droit à la vie de chaque être humain soit respecté.

En conclusion, je pense qu’il n’y a pas un fossé entre les débats et les convictions portées par les forces alter mondialistes, et associatives et une grande partie des élus locaux. Il me semble que cela crée une possibilité d’un front convergent pour demander et obtenir que ce soit l’ONU qui organise le prochain forum mondial et pour que les pouvoirs locaux et les ONG soient fortement représentées dans toutes les instances de préparation et de décision de cet événement. Je pense également qu’il y a un espace commun de rencontre à construire dans le domaine de l’eau entre la CGLU et les militants alternatifs.

En tous les cas, certaines déclarations d’Istanbul peuvent être utilisées comme des points d’appui dans le combat qui se mène en France, pour gérer le service public de l’eau en régie.

Enfin, la solidarité avec la Palestine s’est très fortement exprimée dans le forum des autorités locales. Il me semble que se serait un formidable signe pour CGLU de répondre favorablement à l’invitation qui a été faite par le Maire de Gaza d’accueillir une prochaine réunion de CGLU en Palestine.

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