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Militant du bien Commun.
Conseiller municipal (eelv) deVitry sur Seine.
Membre du groupe des élus de "la fabrique Vitry en mieux

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  • les idéaux républicains sont devenus des armes de discrimination et de mépris

    par Jacques Rancière, Philosophe

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Voilà pourquoi Eva Joly est un espoir pour la banlieue

par Ali ID ELOUALI, ancien candidat Europe Ecologie Les Verts, acteur associatif à Choisy-le-Roi

A l’heure où la France a de nouveau rendez-vous avec elle-même, nos quartiers populaires continuent à être l’impensé de nos politiques publiques.

10 ans après les émeutes qui ont mis nos banlieues à feu, les quartiers populaires subissent plus qu’ailleurs le chômage de masse, le mal-logement, la précarité énergétique, la malbouffe, l’insécurité, le racisme et la discrimination, le déni des droits, l’abandon scolaire, la casse des services publics, les crispations identitaires et la crise du vivre-ensemble, l’abstention massive et le recul de la démocratie.

Parce que nous croyons que l’avenir de la France se joue aux portes de ses villes, il y a urgence. Urgence de mettre la banlieue au cœur des engagements présidentiels. Urgence que la république réhabilite définitivement ces territoires restés bannis. Urgence que la puissance publique s’engage en mots et agisse en actes pour une égalité réelle des droits et une citoyenneté effective des populations issues de ses banlieues.

Si Sarkozy, ancien candidat, nous a réservés un nettoyage au Karcher, président, sa réponse au mal être des banlieues était de dresser un mur de la honte sous le nom du ministère de l’identité nationale. A l’exclusion sociale, il a rajouté le déni d’identité. Cette droite extrême, doublure de l’extrême droite, nous a tant instrumentalisés, stigmatisés, méprisés, et continue de nous agiter comme des épouvantails. Cette droite nous n’en voulons pas. Nous la combattrons dans la rue et dans l’isoloir.

Evidemment comme à chaque scrutin, malgré les déceptions et les désillusions successives, nous revenons vers la gauche. Nous lui confions notre colère et nos espoirs. Nous faisons crédit aux valeurs qui la fondent et nous lient d’un lien fraternel avec tous ceux qui se reconnaissent en elle. Mais à quelques jours du scrutin, le silence et les paroles timides de ses leaders et ses candidats nous inquiètent et nous déconcertent. La gauche a-t-elle cessé de croire en nous, nous qui croyons encore en elle ? La peur, cet alibi des outrances droitières, a-t-elle gagné le cœur de la gauche ?

L’abstention qui mine la démocratie dans nos banlieues ne doit pas justifier que la gauche s’abstient de les regarder. La gauche qui tourne le dos à nos quartiers, sacrifie l’exigence démocratique aux calculs froids de l’arithmétique, c’est la gauche qui se renie et se défigure. Il serait difficile d’y reconnaître cet air de famille, que l’on appelle fraternité. Comme nous rejetons la droite populiste, nous ne voulons pas d’une gauche impopulaire.

Parce que nous résistons, luttons et participons chaque jour à créer du commun, la gauche nous appartient aussi. C’est pourquoi nous aimerons y reconnaître nos vies, nos combats et nos solidarités. Nous aimerons la faire grandir par nos dynamiques, nos alternatives et nos constructions collectives. Elle en sera plus incarnée, nous en serons plus fiers.

Nous refusons l’indifférence comme nous refusons l’instrumentalisation. Nous ne voulons ni tutelle, ni postures d’indignation, ni regard de compassion. Nous réclamons la considération et la réciprocité. Démunis, nos quartiers populaires n’en sont pas moins dépourvus de vitalité, d’inventivité, de vigilance et d’expertise citoyenne, et de ce qui manque parfois à la gauche des institutions, l’audace de l’imagination arrimée au souci du réel.

La rénovation urbaine est une réponse, mais non l’unique solution. La solution c’est d’investir dans l’humain. Une écologie politique réellement incarnée et non posée en posture est en mesure de désenclaver socialement et écologiquement nos banlieues. Par les emplois verts, par la formation et la qualification de nos jeunes pour ces filières d’avenir, par le soutien des initiatives d’économie sociale et solidaire issues de nos territoires, par des modes de transport de proximité moins carbonés, par une politique du logement qui prend en compte la fracture énergétique, par une politique de santé qui prévient de la malbouffe dont les couches populaires sont les premières victimes, par une politique préventive qui sécurise durablement nos banlieues, et surtout par des modes de gouvernance qui favorisent la responsabilisation, l’autogestion et redonnent à tous le sens du collectif qui fonde notre vivre ensemble.

C’est pourquoi j’appelle à voter pour le programme des écologistes porté par Eva Joly. Le seul qui ne se contente ni de réchauffer les plats d’une politique de la ville bétonneuse, ni de faire le Grand Soir avec des recettes éculées dont on voit l’usure dans l’exercice démocratique dans nos banlieues, ni de sacrifier la cohérence écologique et sociale à des concessions aux lobbys tels que ceux du nucléaire ou encore de l’eau.

Je vote et appelle à voter Eva Joly parce qu’au-delà des propositions qui permettent à nos banlieues de sortir gagnantes de la radicalité de ses mesures écologiques et sociales, elle défend une 6ème république dont l’esprit des lois est un appel d’air vivifiant et un sursaut démocratique salutaire pour nos banlieues souvent confinées dans l’inertie des sérails locaux. Par les contre-pouvoirs qu’elle institutionnalise, la 6ème république des écologistes est le gage d’une république parlementaire où le cercle de la décision, dans son élargissement démocratique, débordera du centre vers la périphérie et rattachera enfin la périphérie au centre. Alors que la défiance vis-à-vis du politique explique le désaveu des urnes dans nos quartiers, la 6ème république prônée par Eva Joly fera de la légitimité des élus l’affaire d’un suffrage permanent et non d’un scrutin occasionnel auquel on invite un jour le peuple pour l’oublier le lendemain.

Enfin, je vote et appelle à voter pour Eva Joly parce que son projet est porté par une famille de pensée qui n’a peur ni de la diversité des parcours, ni de la complexité des questions. Elle est composée de sentinelles en veille sur nos biens communs, de lanceurs d’alerte qui déminent l’avenir, d’agitateurs d’idées qui construisent aujourd’hui de quoi demain sera fait, de francs-tireurs anti-lobby, d’empêcheurs de tourner en rond, de pourfendeurs des mensonges d’Etat, d’électrons jaloux de leur liberté et défenseurs de celles des autres, brefs de femmes et d’hommes qui, tout en provenant toutes et tous de « quelque part », décident toutes et tous de faire France ensemble.

Pour nous acteurs sociaux issus des minorités visibles dont les racines s’enchevêtrent aussi entre un ici et un ailleurs, un projet de société où la diversité est revendiquée, assumée, désirée, est créateur de ce lien qui nous manque tant pour écrire avec nos concitoyens l’avenir d’une France enfin partagée et d’une identité collectivement réappropriée.

Voilà pourquoi Eva Joly est un espoir pour la France et ses banlieues.

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