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Entre le coup de balai et la 6eme république il faut choisir

Actualités mardi 9 avril 2013

L'affaire Cahuzac ne provoque pas seulement des haut-le-cœur parce que celui qui était censé traquer les fraudeurs s'avère être lui-même expert en la matière pour son propre compte. Ce qui provoque tant de dégoût, c'est que des millions de français découvrent à travers cet épisode et bien d'autres, les liens quasi naturels entre une partie du monde politique normalement chargé de l'intérêt général et les milieux financiers à l'égoïsme intrinsèque.

Ainsi, au moment où les UNS demandent aux plus pauvres de faire des efforts, d'accepter des reculs sociaux comme avec l'ANI (Accord National Interprofessionnel), les AUTRES construisent des fortunes incroyables et échappent par la combine à des lois qui leurs sont pourtant favorables. Il arrive donc que les UNS et les AUTRES soient les mêmes.

De quoi être révolté : ces décennies de politiques qui vont toujours dans le même sens, ça suffit ! Si le gouvernement de gauche semble usé au bout de seulement 11 mois, c'est qu'il reprend trop les recettes archi-usées et usantes des politiques de droite (cela n'efface pas quelques avancées sociales et sociétales qui n'effacent pas elle-même les « retards » sur le cumul des mandats et le droit de vote des étrangers).

Cécile Duflot a eu raison de dire au dernier conseil des ministres qu'il faut non seulement des « réponses lourdes » en matière d' « éthique » mais aussi une inflexion de la ligne politique suivie par l'exécutif en matière de démocratie économique et sociale.

La France, comme tant d'autres pays d'Europe, a besoin de son printemps qui l'aide à sortir des dogmes capitaliste et productiviste. Qui ne voit pas l'énormité de la bêtise qui consiste à interdire aux déficits publics de dépasser les 3 pour cent du PIB ? Alors que nous sommes précisément dans l'époque ou il faut investir pour les générations futures dans une autre économie, dans la transition énergétique, dans la mutation de notre agriculture pour produire une alimentation saine à travers des circuits court, dans les services publics, la justice sociale, l'éducation... Si nous avons le courage et la clairvoyance de faire cela, plus tard nos enfants nous remercieront !

Dans cette situation dangereuse, où tant de gens perdent confiance dans la politique et donc dans la démocratie, c'est maintenant qu'il faut le changement, car plus tard, il risque d'être trop tard !

C'est aussi pour cela que les mots « salopards », « coup de balai », « pourriture » et « purification » me heurtent. Ils font appel aux mauvais réflexes quand il faut faire appel à la réflexion. Ce ne sont pas des « mot-obus », ce sont des « mot-poison ».

« Il n'est pas de sauveur suprême : ni Dieu, ni César, ni tribun. ». J'ai ressenti l'appel solitaire de Jean-Luc Mélenchon comme un hold-up sur quelque chose qui appartient à des millions de gens : la 6eme république. Un appel d'un « homme providentiel » très « 5eme république », tandis que la 6eme va dans le sens d'une démocratie participative. Einstein disait : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l'ont engendré ».

La 6eme république n'appartient à personne. Pour organiser une manifestation unitaire, il eut été tellement plus productif de prendre des contacts avec tous ceux qui ont à cœur la 6e république, pour pouvoir ensuite décider ensemble des formes et du contenu de l'action... D'ailleurs, n'est-ce pas la démarche adoptée par Pascal Durand, secrétaire national d'EELV qui invite à « ... se rencontrer dès la semaine prochaine » pour réfléchir à « une réponse » «collective et concertée» à la crise politique et « élaborer ensemble des propositions» à «porter conjointement devant la nation » ?

J'étais assez d'accord hier matin avec André Chassaigne qui, sur France Inter, conditionnait sa participation à la manifestation du 5 mai à son véritable contenu, et ajoutait : « il ne faut pas cliver, cliver, cliver, là où il faut rassembler, rassembler, rassembler."

Puisque les choses ne sont, semble t-il, pas jouées, n'y a t-il pas lieu pour les écologistes d'être observateurs actifs du processus unitaire de préparation de cette manifestation pour se déterminer une fois les choses clarifiées ?

Commentaires

  1. 09 avril 2013, 11:58 par zazie

    Les mots sont excessifs, mais ils traduisent un vrai dégoût de la politique. C'est cela qui est grave, ce n'est pas que JL Melenchon,fidèle à lui-même vocifère. Oui, il faut rassembler et rassembler encore pour imposer une autre politique. Hollande, le "normal"n'est pas à la hauteur, ni , ni ni... alors qui? Le 5 mai, avec un vrai contenu qui offrirait une perspective politique pourrit être un catalyseur. La droite réussit ses manifs d'un autre âge, nous "les gens de gauche "serions incapables de le faire pour regarder vers l'avenir?

  2. 09 avril 2013, 12:11 par Amigo Yonkeu

    Bravo Jacques pour cet excellent article
    Je m y retrouve complètement
    Amitiés Amigo

  3. 09 avril 2013, 13:23 par narbonne

    d'accord avec ton analyse
    la manif:
    pour moi c'est clair
    je n'irais que si j'ai le sentiment de ne pas servir la soupe à Robespierre
    A
    michel

  4. 09 avril 2013, 14:47 par vergne

    Il ne faut pas cliver, cliver, cliver.. cliver.. ah bon.. c'est sans doute pour ça que tu cognes aussi dur sur Mélenchon. Bonne nuit.

  5. 09 avril 2013, 16:56 par claude ganne

    C'est aussi pour cela que les mots « salopards », « coup de balai », « pourriture » et « purification » me heurtent. Ils font appel aux mauvais réflexes quand il faut faire appel à la réflexion;
    désolé, en total désaccord, il est vraiment temps d'appeler un chat un chat et la courtoisie me parait un réflexe de classe moyenne ( ça me rappelle le proviseur qui demandait de la courtoisie quand nous le mettions face à la réalité crue) totalement déplacé dans la situation actuelle d'inégalités criantes et de misère rampante;
    quand on dispose d'un revenu confortable et qu'on est en responsabilité citoyenne on devrait prêter attention aux personnes qui sont dans la survie ;
    ceci étant dit, J L M aurait pu effectivement s' y prendre mieux et plus unitaire pour lancer cette initiative qui reste juste fondamentalement : il est grand temps que les sans-capital ré-occupent la rue et de rappeler que pour nous la démocratie est notre seule véritable arme
    cordialement cl g

  6. 09 avril 2013, 17:29 par Hugues L.

    Merci pour cette intelligente contribution qui met des mots sur un malaise (on est en colère mais la colère seule est rarement bonne conseillère) et clarifie un peu les enjeux (à quelles conditions peut-on envisager de rassembler vraiment pour que le plus d'intelligences et de créativités collectives se déploient face au marasme actuel).

  7. 09 avril 2013, 19:24 par Alfonsi Gilles

    Cher Jacques,

    Comment peux-tu ignorer que la manifestation du 5 mai est devenu une proposition du Front de gauche, adressée très largement ? C'est ici : http://www.placeaupeuple2012.fr/communique-du-front-de-gauche-2/ depuis le 5 mai.

    Salut et fraternité.
    Gilles Alfonsi

  8. 09 avril 2013, 20:10 par Sabine Brunet-Dine

    Tout à fait d'accord avec ces commentaires. Voir aussi le coup de gueule de José Bové aujourd'hui. Les paroles c'est beau mais agir et travailler c'est mieux.

  9. 10 avril 2013, 14:36 par Alain Lipietz

    Tout à fait d'accord. Quelles que soient les erreurs de ce gouvernement, ce n'est pas l'ennemi principal. La rhétorique du PG est celle-là même du Parti communiste allemand sous la république de Weimar, ce qui a permis la victoire des nazis. Cf mon texte :
    http://lipietz.net/?breve482.
    Le mot d'ordre du prochain 1er mai ne doit pas être "Du balai" mais "Unité !"

  10. 10 avril 2013, 16:13 par maingault

    la politique menée en Europe à l'encontre des peuples est une politique de salopards au sens sartrien du terme.
    Des gens meurent de faim en Europe.

    Cela ne signifie pas qu'il faille traiter les gens de salopards en tant qu'individu.

    J'approuve la colère de Mélenchon car ce sont les mêmes mots que j'emploie à propos de certaines actions politiques mais ce ne doit pas être effectivement le recours à un homme providentiel comme l'écrit Jacques.
    Il faut effectivement rassembler mais sur des bases claires. Il me semble que le Front de Gauche et les Verts sont en convergence sur un certain nombre de points sur la 6 è république. Une manifestation commune est le mieux.

    il faut articuler la colère forte sans haine (mais dire en quoi l'Union Européenne telle qu'elle fonctionne, la bce.. Merkel, les politiques d'austérités sont des affameurs du peuple).

    Ensuite, il faut un grand coup de balai mais la poussière reviendra si on ne construit pas aussi de façon collective, participative...

  11. 10 avril 2013, 17:04 par vm

    Curieusement, cette newsletter est coupée en deux par l'appartenance formelle de son auteur. Jusqu'à "il risque d'être trop tard", le texte aurait pu être écrit par un partisan du Front de Gauche.
    A partir de '"C'est aussi pour cela", la logique du constat disparaît sous les ridicules accusations personnelles , usées jusqu'à la corde, contre JL Mélenchon, qui n'est ni diviseur, ni sauveur suprême, mais simplement clairvoyant.
    Ce qui divise la gauche, c'est au contraire l'appartenance et le soutien à un gouvernement "usé au bout de seulement 11 mois" ! Un gouvernement qui se dit de gauche tout en faisant une politique de droite tous azimuts, façon Medef, TSCG-Bruxelles et USA (projet de GMT etc. ) réunis.
    C'est bien cela qui va générer le désespoir et la révolte chez nos concitoyens les moins politisés, et les entraîner vers une recrudescence d'abstentions ou de vote FN, n'en déplaise à A. Lipietz. C'est lui qui tombe dans la "rhétorique" en rappelant une situation qui prouve le contraire de ce qu'il dit ! C'est la social-démocratie allemande qui a refusé l'alliance avec les communistes de Thaelmann et appelé Hindenburg au pouvoir, lequel s'est effondré devant Hitler et les nazis. Il n'est pas très honnête d'accommoder l'histoire à des partis-pris et des préjugés.
    Le PG, et avec lui les partisans du FdG, reprennent la lutte de Rosa Luxembourg, et la marche du 5 mai a pour but de réveiller les citoyens écoeurés par l'étouffoir du bi-partisme et du présidentialisme. Sans la réhabilitation du droit de vote républicain et des droits sociaux, et l'organisation d'une Constituante pour repenser complètement nos institutions, les citoyens continueront à se désintéresser d'une politique qui les trompe et les dépossède, et à se laisser berner par le FN.

  12. 11 avril 2013, 13:59 par Job Alain

    Jacques,

    En adhérant à EELV tu souhaitais contribuer à la passerelle souhaitable entre écologistes et communistes.
    Cela suppose la recherche du positif chez l'autre.
    La colère n'est pas interdite en politique. Et si Mélanchon est issu de la 5ème République, d'où sommes nous issus nous ?
    Je t'embrasse
    Alain

  13. 12 avril 2013, 15:01 par Jacques Perreux

    Philippe (« Mingault ») et Alain (« Alain Job »), oui, les passerelles nous devons les construire. Il en existe d’ailleurs déjà un certain nombre non négligeable. Il y a besoin de débat mais pas d’invective. Dans mon esprit il n’est pas interdit d’être en colère. Au contraire. Il y a même un devoir de colère et de révolte contre les injustices, toutes les injustices.
    Hier lors de ma permanence hebdomadaire, un homme est arrivé très en colère, parce que sa voisine était menacée d’expulsion. Son concubin l’avait quittée sans lui dire les impayés de loyer, et elle se retrouvait seule avec ses 2 enfants, devant faire face à la menace d’être jetés dehors.
    L’homme était d’autant plus en colère, que selon lui, le bailleur social avait offert un parachute doré de plus 400 000 euros à son directeur licencié.
    Je suis en colère comme lui. Ces faits sont inacceptables dans une ville de gauche. Mais que faire de cette colère, comme le demande « Hughes L. », pour la rendre intelligente ? La médiatiser ? La transformer en posture ? Ou bien empêcher concrètement, voir physiquement cette expulsion ? Alain et Philippe, vous le savez bien, nous empêcherons cette expulsion. La radicalité n’est pas une posture mais une conduite.
    En fait, qu’est-ce qui fait débat ? Les mots traduisent des options : j’ai bien lu dans la presse des interviews de dirigeants du PG, disant que les mots (que je qualifie de poison), étaient calculés et mis en scène. La mise en scène, pourquoi pas ! Mais pour moi et beaucoup d’autres, les mots utilisés sont dangereux et flirtent dans l’imaginaire avec d’autres encore plus dangereux.
    Ne pas être d’accord là-dessus, avec JL Mélenchon, ce n’est pas lui cogner dessus, comme le considère « Vergne ». Et quand on n’est pas d’accord avec le Front de Gauche, on n’en est pas pour autant son adversaire. Et à propos d’Histoire que rappelle fort à propos Alain Lipietz, n’en déplaise à « vm », cela fait 80 ans que le PCF et l’Internationale communiste ont critiqué l’attitude du PC allemand dans les années 30, pour privilégier une ligne unitaire avec les socio-démocrates qui a abouti au Front populaire.
    Ensuite, il y a un débat bien normal sur la stratégie. EELV a décidé, pour sa part, de participer au Gouvernement malgré ses désaccords. Avec son faible score à la Présidentielle, ses deux ministres et ses députés, EELV cherche, dans un rapport de force qui n’est pas favorable, à faire avancer le schmilblick écolo (Gaz de schiste, logement social, paradis fiscaux…). Le Front de Gauche, quant à lui a décidé de ne pas aller au Gouvernement, pour des raisons tout à fait respectables. Imaginons qu’il y ait été. Avec son score de 11%, peut-être aurait-il 5 ministres ? L’hypothèse n’est pas absurde d’imaginer que 5 Front de gauche 2 EELV d’autres PS plus à gauche, au sein du Conseil des ministres, cela aurait pu créer une dynamique plus favorable. La politique c’est d’abord des dynamiques et les divergences sont parfois aussi des divergences d’évaluation des rapports de force et des possibles, et aussi des divergences de pari sur l’avenir…
    Les écologistes sont au gouvernement pour faire avancer des choses, même petites, et espèrent que la situation devienne plus favorable pour faire bouger des choses plus grandes. Et s’ils ne font rien bouger, alors il n’y aura pas lieu d’y rester.
    En tous les cas, il n’y a pas les mous d’un côté et les radicaux de l’autre, pour ne pas dire les salopards d’un côté et les purs de l’autre.
    C’est si vrai, qu’au niveau du conseil régional d’Ile de France, il y a 2 groupes Front de Gauche. L’un avec le PCF est dans la majorité et cherche à obtenir des avancées, l’autre avec le Parti de Gauche n’a pas cette stratégie là…
    Pour moi, être radical et constructif, ça va ensemble. On peut être au gouvernement et conserver toute sa colère, sa détermination et sa puissance de feu, et ne pas y être et ne pas en faire pour autant bon usage. Et inversement je vous l’accorde.
    À propos, José Bové vient d’écoper avec cinq de ses copains faucheurs d’OGM d’une amende de 170 000 €. Alors, José, mou ou radical ?

  14. 12 avril 2013, 18:24 par maingault

    Il faut un grand coup de balai contre le capital et ses représentants à tous les niveaux.
    Lénine avait raison là-dessus
    je pense que la participation des verts est une erreur ; ça fait moins avancer leur cause que s'ils étaient dans l'opposition à l'austérité : encore que certains d'entre eux s'accommodent plus ou moins du libéralisme, d'autres non.
    Mais on sait très bien aussi que le coup de balai ne suffit pas car la poussière peut revenir avec d'autres y compris nous, les révolutionnaires. La garantie que cela ne revienne pas est la démocratie très poussée et la tolérance très poussée au sein du mouvement social et parmi les anticapitalistes (dont nombre d'écologistes sincères)
    Je suis très radical bien plus que le Front de gauche (par exemple, je suis pour la confiscation de presque tous les biens de ceux qui fraudent le fisc dans les paradis fiscaux) ; je suis aussi Ok pour qu'on n'invective pas nominalement les gens sauf cas particuliers comme des voyous type Balkany, Le Pen...
    Pour autant, je trouve légitime que dans certains cas, on s'attaque symboliquement aux personnes (comme un grand patron licenciant...) en
    le séquestrant...

    Pour cette histoire de bailleur, je suis au courant. J'ai une version mais je pense malheureusement que c'est la bonne.
    Et là, je soutiens l'action de Jacques et suis prêt à venir si je suis disponible.
    José Bové mène lui un beau combat sur les questions agricoles mais je suis en désaccord sur d'autres choses avec lui; on peut laiciser nos rapports comme dit Jacques.

    Pour Mélenchon, je crois qu'il exprime très bien les choses même s'il y parfois des débordements regrettables. Sur le fond, je partage en gros ce qu'il dit.
    On peut critiquer certaines formes et participer à la manif du 5 Mai.

    amicalement Jacques

    philippe

  15. 13 avril 2013, 10:19 par Job Alain

    Tes commentaires confirment l'intérêt de construiire cette passerelle entre ceux qui sont si proches. D'aiilleurs, n'est ce pas l'un des enjeux de cette 6ème République que de dépasser les partis issus du 20ème siècle, dont les frontières sont devenues trés poreuses et ne servent qu'à alimenter le jeux institutionnel. Et, sans doute que Mélanchon, comme d'autres n'est pas totalement libéré de ce jeu politicien.Bien sûr les familles d'idées restent des réalités, mais si la diversité est une richesse, alors il y a urgence à le traduire plus concrètement.
    Aujourd'hui l'éparpillement est un désastre.
    Mais peut être suis je naïf de ne pas choisir complètement mon camp et d'être disponible pour le front de gauche et les verts.

    Amicalement

    Alain

  16. 14 avril 2013, 00:02 par Alain Lipietz


    Très bonne réponse, Jacques !

    Je me permets de rajouter un grain de sel iconographique. Il existe une célèbre affiche bolchévique où Lénine balaie les symboles de la droite. La SFIO en 1932 a repris ce thème "Du balai " mais en l'appliquant encore aux symboles du capitalisme (y compris... un navire de guerre !), et surtout dans le cadre d'un triptyque, où une seconde affiche demandait "Du travail, du pain" et la troisième, dirigée vers les communistes qui appliquaient alors la ligne de Staline "Classe contre classe", clamait "Rassemblement !". Cette ligue sera imposée par les bases contre l'appareil du PCF après le 6 février 34, avec le cri du 1er mai : "Unité !"

    Voici ces affiches : http://www.histoire-image.org/pleincadre/index.php?i=778

  17. 14 avril 2013, 15:42 par vm

    « La social-démocratie soutient Brüning quand il gouverne en appliquant l’article 48, elle le soutiendra en votant contre l’abrogation des ordonnances réclamée par les communistes, elle votera les subventions aux grands domaines de l’est (Osthilfe), elle donnera au gouvernement le droit de manipuler à son gré les tarifs douaniers, elle votera l’ensemble du budget le 26 mars 1931, enfin - comble de docilité - elle acceptera de mettre le parlement en vacances pour six mois, c’est-à-dire d’abolir les quelques vestiges de contrôle parlementaire qui pouvaient encore subsister ».
    « Presque seuls, les communistes menaient une lutte active contre le danger de guerre, que la montée du national-socialisme ne faisait qu’aggraver : Plus de 100.000 manifestants participèrent à Berlin à la journée du 1er août 1930 contre la guerre ».
    « Voici comment Thaelmann précisa la tactique communiste devant le Comité central (19 février 1932) : ‘le front uni ne peut naître de négociations sur le plan parlementaire. Il ne peut être réalisé par accord avec d’autres partis et d’autres groupes. Il faut qu’il naisse du mouvement des masses et que, porté par ce mouvement, il représente un front de lutte vraiment vivant‘. Jusqu’en 1931, le KPD avait tendance à sous-estimer le danger fasciste en affirmant : ‘le coup principal doit être dirigé contre la social-démocratie’. (...) A partir de 1932 au moins, le KPD aurait dû modifier sa tactique ».
    Gilbert Badia, Histoire de l’Allemagne contemporaine, vol.I, (1964) respectivement p. 280, et p. 289 notes 3 et 4.
    En réalité, quand on lit le chapitre en entier ainsi que ceux qui précèdent, il est clair que la responsabilité du SPD dans la dégradation des institutions et la montée du nazisme est écrasante, et que même avec un soutien inconditionnel du KPD elle aurait continué à céder devant le nouveau cabinet Brüning.
    La situation actuelle ne ressemble à celle-là que sur ce dernier point : le gouvernement solférinien a cédé à la droite sur toute la ligne et tout d’abord après 2005, en ignorant le résultat du referendum contre le TCE (y compris en trahissant la grande majorité de ses propres électeurs) et en votant avec la droite son substitut, le Traité de Lisbonne, puis le TSCG.
    On voit bien pourtant maintenant combien les partisans du Non de gauche avaient raison d’appeler à la résistance contre un traité qui instaure la dictature du marché le règne de la finance et l’oppression des peuples. En outre, la place accordée au FN dans les medias et la mansuétude dont bénéficient ses agressions ou simplement les mensonges éhontés de sa propagande, sont une indignité pour notre pays.
    Le Front de Gauche, comme Thaelmann, c’est vrai, et comme plus tard le Front Populaire français, veut en effet mobiliser le peuple et lui rendre sa souveraineté, et ne se satisfait pas de compromis parlementaires ou ministériels.
    Mais contrairement au KPD sus-mentionné, il a pour ennemi, non le PS en tant que tel (sans nous Hollande n’aurait pas été élu), mais bien la droite et l’extrême-droite, et la politique de droite tous azimuts menée par les Solfériniens. Et il ne refuse pas tout accord positif, bien au contraire, puisque sa formation résulte déjà de l’accord entre neuf organisations, sans compter les 11% de l’élection présidentielle.
    Il est la seule formation à lutter pour une sortie « par le haut » de la situation actuelle, et à faire en ce sens des propositions concrètes, pour tenir tête au capitalisme financier mondialisé. A partir de l’Humain d’abord, il est possible de restaurer l’activité économique du pays, les droits sociaux, l’emploi et les services publics, la recherche environnementale. Il est urgent pour cela, comme dit dans mon précédent post, de sortir du piège étouffant du bi-partisme et du présidentialisme à la Hindenburg, qui nous réserve le pire, et d’organiser la tenue d’une Constituante qui rende possible une intervention populaire démocratique dans tous les aspects de la vie politique de notre pays.

  18. 07 mai 2013, 11:34 par Christine


    J'ai beaucoup hésité à me rendre à la manifestation du 5 mai. J'étais mal à l'aise d'y aller mais aussi mal à l'aise de ne pas y aller. J'ai fini par défiler, en partie sur le trottoir. Je n'ai pas aimé certains slogans, trop "écrabouilleurs" . J'ai senti beaucoup de colère, elle est légitime. Au final, je suis repartie avec mon désarroi politique: je me suis dit que la bataille politique ne pouvait pas se mener sans ces manifestants remontés mais qu'elle échouerait si le discours qui les portait restait aussi excluant et ne rassemblait pas les autres de la gauche. J'en ai assez de ce ton belliqueux. Je rêve d'un discours politique exigeant et rassembleur, où des perspectives soient proposées mais où les modalités d'application se discutent, où l'éthique se cherche à voix haute, ensemble et en osant le doute.

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